‹ Œuvres complètesChapitre 24 sur 323 · SCÈNE Xll · texte numérisé non relu

SCÈNE Xll

Frère TIMOTEO, LIGURIO, messer NICJA.

TIMOTEO. Eh ! Ligurio, venez çà.

LIGURIO. Comment cela va-t-il?

TIMOTEO. Bien : les voilà qui retournent au logis disposées à faire tout ce qu'il faut; et il n'y aura plus de difficulté, car sa mère ne la quittera pas et veut elle-même la mettre au lit.

NiciA. Est-ce bien vrai ce que vous dites là ?

TIMOTEO. Merveille ! vous voilà guéri de votre surdité !

LIGURIO. Oui, par la grâce de saint Clément.

TIMOTEO. Cela mériterait bien un petit exvoto^ qui ferait du bruit et amènerait la foule ; je ferais par ce moyen quelque profit avec vous.

NICIA. N'embrouillons pas les affaires. Ma femme ne refusera donc pas de faire ce que je yeux ?

TIMOTEO. Non, vous dis-je.

NICIA. Je suis l'homme le plus joyeux du monde !

TIMOTEO. Je le crois ; vous donnerez la béquée à un joli petit garçon , et vous ferez les cornes à ceux qui n'en ont pas.

LIGURIO. Or çà , mon père , retournez à vos oraisoMS, et nous irons vous chercher si nous avons encore besoin de vous. Pour vous, docteur, allez auprès de votre femme et maintenezla dans ses bonnes résolutions , tandis que j'irai rejoindre Callimaco afin qu'il n'oublie pas la potion. Arrangez-vous ensuite de sorte que nous nous retrouvions ce soir à la première heure, pour convenir de ce que nous aurons à faire vers la quatrième.

NICIA. Fort bien. Adieu.

TIMOTEO. Portez-vous bien.

CANZONE

Qu'elle est douce la ruse qui conduit au but qu'on désire avec passion! comme elle nous dépouille de no» cliafjrins et change en douceur (oute saveur amère Rare et souverain rtmède! lu montres la roule directe à l'âme qui erre incertaine. Dans les faveurs dor.t nous comble l'amour, tout ce que tu as de piquant est un attrait de plus. Pierres, poisons, euchantements, tout est vaincu par ta divine adresse.

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