AU MÊME
Du 2i août 1505.
Au retour de Macchiavelli, qui est arrivé hier soir , après avoir entendu le rapport qu'il nous a fait de vive voix, et pris lecture de la note des objets que vous nous demandez pour votre entreprise, nous avons résolu de nous borner à ce qui regarde Pise et de laisser de côté nos autres projets. Depuis le moment de son arrivée jusqu'à ce soir, nous ne nous sommes occupés d'autre chose que des ordres nécessaires pour qu'on vous expédie toute l'artillerie et toutes les munitions (jue vous nous avez demandées, et nous croyons que tout vous parviendra avant la fin de ce mois. A l'égard de l'infanterie, qui est l'objet le plus essentiel et dont le rassemblement exigera bien plus de temps, nous avons vu la manière dont lu avais réduit notre liste et nous y donnons notre approbation. Nous avons examiné en outre le reste des troupes et les lieux d'où lu proposes de les tirer, et , conformément à tes dispositions , nous avons expédié aujourd'hui les connétables bolonais avec les fonds nécessaires pour faire une levée de mille hommes. Nous avons donné des ordres pour que le marquis Galeotto Malaspina , de son côté, en lève quatre cents, dont trois cents sous son commandement et cent sous celui de son fils. Nous te laisserons en ce moment le soin de presser les marquis de Panzano et de Massa. Nous avons donné à Giannotto da Carda et à Giannesino da Sarzana de l'argent pour deux cents hommes. Nous comptons laisser de côté le comte de Carpigna, et en échange nous avons pris le marquis Carlo del Monte avec ! quatre cents hommes. Nous avons vu ici Tau-
mônier du gouverneur et le secrétaireciu coîiite Niccolo da Bagno, qui nous amis en doute si ce seigneur pourrait nous servir, à cause de quelques troubles qui ont éclaté à Césène. Nous avons ordonné qu'on lui expédiât quelquun sur-le-champ, et nous attendons sa réponse. Nous avons donné à Guido Vaini l'argent nécessaire pour quatre cents hommes; nous en avons également envoyé â messer Martino dal Borgo et à Bernardino da Carrara, pour faire à eux deux une levée de trois cent cinquante hommes. On l'enverra les douze cents ducats que tu demandes pour former un corps de deux cents hommes comme tu les veux, et nous approuvons volontiers la formation de ce corps. Nous avons expédié à Pierre Bernardo, frère de messer Vittorio da Canale , pour lever deux cents hommes, deux cents ducats en lettres de change sur Fuligno, ainsi que tu l'avais proposé. Nous avons donné à Ceccotto Tosinghi, à messer Criaco et à l'homme d'affaires du Zitolo les fonds nécessaires pour que les deux premiers puissent augmenter chacun leur troupe de cent hommes et le troisième renforcer la sienne de deux cents. 11 faut maintenant que tu presses le reste de ceux dont l'engagement doit être accru, et que tu ne les envoies pas ici pour faire leurs levées, attendu que le seigneur Pierre n'y a point encore envoyé pour les siennes. Tu nous feras connaître comment tu crois que nous devions nous conduire relativement au payement des compagnies qui sont sur les lieux, et à quelle époque il faudra leur faire passer leur paye. INlaccliiavelli nous ayant exposé qu'il serait à propos de faire publier dans le camp et dans les environs que quiconque voudrait de l'argent n'aurait qu'à s'y rendre , afin d'ôter toute facilité à ceux qui auraient dessein de lever des troupes pour secourir les Pisans, il nous a paru convenable de le faire, mais de retarder cette publication jusqu'à ce que l'argent soit arrivé ou qu'il ne faille l'att endre qu'un ou deux jours.
Macchiavellinous a fait observer de plus qu'il serait nécessaire d'envoyer dici une personne à Lucques, pour connaître les véritables intentions des habitants. Après avoir examiné cette proposition , il nous a semblé qu'il valait mieux que ce fût vous qui envoyassiez cette personne : vous lui donnerez les instructions que vous jugerez convenables pourvoir si, à force de belles paroles , on pourra s'assurer d'eux dans cette entreprise.
Ce familier des Huit que tu nous as demandé pour comité est si fort occupé, qu'il ne pourra te servir: il faudra donc que tu penses à quelque autre. Fais nous savoir si Giovanni dit Vernone te déplairait.
Nous entendons que les cinq cents pionniers que tu demandes pour les travaux du siège et les cinq cents autres destinés à ceux du camp soient tirés de Cascina , de Lari et des montagnes voisines et autres lieux d'alentour. Notre intention est de les payer de notre argent et de solder chaque soir leursalaire : nous allons donner des ordres en conséquence. De ton côté, tu prescriras aux recteurs ce qu'ils auront à faire pour trouver le nombre d'hommes suffisant pour ces travaux.
On a 5 peu près déjà désigné les jeunes gens destinés au service des pionniers et ceux que tu as demandés pour ton compte, et l'on est sur le point de te les envoyer : tu nous feras savoir si, parmi les derniers, il y en a qui te conviennent plus les uns que les autres. C'est tout ce que nous avons à te dire sur cet article.
Comme nous avons à payer, pour le mois de septembre,les équipages des flûtesetdesbrigantins, nous voudrions que tu fisses passer aucommissaire de Livourne , Zanobi Ridolfi , quatre cent cinquante ducats d'or que tu prendras sur l'argent que tu as entre les mains, et tu lui feras connaître que cette somme est destinée à la paye desdits équipages. Fais en sorte que cet envoi lui parvienne le 28 du courant.
MISSION