‹ Œuvres complètesChapitre 248 sur 323 · MISSION DANS DIVERSES PARTIES DU DOMAINE DE L'ETAT · texte numérisé non relu

MISSION DANS DIVERSES PARTIES DU DOMAINE DE L'ETAT

LETTRE UI

A NICOLAS MACCHIAVELLI

Dicomano , deux cents hommes , que je compte réduire en dernier résultat à cent cinquante. Deux causes ont contribué à rendre cette opération extrêmement difficile: la première est l'insubordination ancienne et invétérée de la population; la seconde , l'inimitié qui existe entre les habitants de Petrognano et ceux de Carapana, entre lesquels est située la montagne. Aucun des habitants de Petrognano et de Castagneto , qui sont également animés contre ceuxdeCampana, n a voulu se faire inscrire ; mais il en a paru devant moi une quarantaine , ayant à leur tète le fils d'Andreasso , leur chef. Après avoir longtemps délibéré entre eux , ce fils d'Andreasso m'a dit qu'ils étaient déterminés à ne se rendre nulle part oii leurs chefs ne pourraient point aller, mais que, s'ils étaient sûrs de les avoir pour commandants,chacun s'empresserait à l'envi d'obéir à vos ordres. Ces différents chefs , ainsi que le fi.ls d'Andreasso , ont une ordonnance de leur commandant , et ils croient que le meilleur moyen de se faire rappeler est de se faire désirer. J'ai cru convenable de leur répondre que vos seigneuries , bien loin de vouloir contraindre personne à s'enrôler sous leurs drapeaux, voulaient plutôt qu'on les en priât ., attendu les avantages que devaient en retirer ceux qui seraient inscrits, lisse sont éloignés alors sans prendre aucune détermination. Je n'en suis pas fâché , car du moins cette compagnie sera, comme on dit, tout d'une couleur , tandis qu'elle eût été divisée, si ces gens-là y avaient été inscrits. Je suis revenu hier ici , et je m'occupe à faire les dispositions nécessaires pour passer dimanche prochain la revue de cette commune. Quoique j'y aie inscrit trois cent trente hommes , je compte les réduire à deux cents et peut-être à moins. Dimanche , aussitôt après que j'aurai terminé ici, je me rendrai à Dicomano : j'espère tout terminer là dans trois ou quatre jours; et alors je m'en retournerai, il est impossible de donner des armes en même icmps à ces deux communes, à cause de la distance qui les sépare. Je n'ai pu agir plus promplement : si quelqu'un en doute , il n'a qu'à en faire l'essai, et il verra ce que c'est que d'avoir à réunir des paysans de cette espèce. Je me recommande à vos seigneuries.

Nicolas Macchiavelli.

Ponte-à-Sieve , le 5 février 1505 (1506)

6 février 1505 (1506}

Ta lettre d'hier nous a fait connaître tout ce que tu as exécuté relativement à l'inscription de ces deux podesteries. Nous sommes satisfaits de ton zèle et de ta diligence, sachant très-bien que tu n'as point perdu un moment, et que l'opération nécessaire pour rassembler tous ces hommes est plus difficile qu'elle ne paraissait d'abord. Maison fait toujours vite quand on fait bien, et nous supposons que c'est ainsi que tu en agis. Nous n'avons d'autre recommandation à te faire là-dessus , que de continuer comme tu as commencé.

LETTRE IV

mAGnlFIQDES SEIGNEURS ,

Je suis arrivé à Poppi samedi soir, et j'ai été occupé dimanche, pendant toute la journée, à inscrire les hommes de cette podesterie ; hier ceux de Pratovecchio ; aujourdhui ceux de Castel-San-Niccolo ; demain j'inscrirai ceux de Ribbiena, et c'est parla que je terminerai l'inscription de ce vicariat. Je mettrai sous le même connétable San-Niccolo et Poppi , et sous un autre Ribbiena et Pratovecchio. Ces quatre podesteries fourniront environ sept cents hommes de choix. Il me sera impossible d'aller outre si les connétables n'arrivent point, et si l'on ne m'envoie pas les armes. J'écris à Francesco Ouaratesi pour lui faire connaître celles que je désire, et je prie vos seigneuries de vouloir bien hâter le départ des connétables. Pendant le temps que le tout mettra à arriver , j'inscrirai la podesterie de Chiusi et celle de Castel-Focagnano , et toutes deux pourront être armées et exercées sous un même chef. Toutefois vos seigneuries examineront s'il est à propos d'armer ces deux podesteries : si tel était leur avis, elles voudront bien m'en informer. Il sera nécessaire d'avoir un autre connétable, et je pense, sauf leur meilleur avis, qu'on peut choisir ou Dietaiuti da Prato ou Martinuzzo Corso. Je prie vos seigneuries de m'écrire sur cela, et d'ordonner à Francesco de

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m'envoyer les armes que je lui demande. Je me recommande à vous.

Nicolas Macciiiavelli.

Poppi , le 3 mars 1505 (1506).

LETTRE V

A NICOLAS MACCIIIAVELLI.

Le 5 mars 1505 (1506).

Ta lettre du 3 ne nous est parvenue qu'hier soir, et nous avons employé tout aujourd'hui à faire l'envoi des lances , qui arriveront demain à l'endroit que tu as indiqué. Hier matin, avant l'heure du déjeuner, Molganle et le desservant de Citerna sont partis, et ils ont dû arriver aujourd'hui.

Nous voyons que tu as mis de la dilifjence à armer et à inscrire les deux podesteries de Chiusi et de Castel-Focognano. Nous approuvons hautement ta proposition et nous t'engageons à la mettre à exécution. Demain matin on prendra une résolution sur les deux connétables que tu demandes et nous les ferons partir sur-le-champ , quoique nous ignorions s'ils se trouvent ici.

On a encore envoyé aujourd'hui des armes et des bannières A Giovanni Folchi. On n'a pu parvenir à découvrir Piero di Anghiari, quoiqu'on l'ait fait cherchera sa campagne, chez lui et en beaucoup d'autres endroits. C'est pour cela que Fiiippo da Casavecchio se trouve encore ici : il n'a pas voulu en partir sans avoir la certitude que le connétable le suivrait immédiatement. Néanmoins nous ne négligeons rien, et nous usons de toute notre diligence.

LETTRE VI

MACNlFIQtlES SEIGNEURS ,

J'ai écrit le 3 à vos seigneuries, pour leur rendre compte qu'outre les quatres podesteries de ce vicariat j'inscrirais aujourd'hui Castel- Focognano et demain Chiusi, et que j'attendrais votre réponse pour savoir si votre intention est d'armer ces deux communes. Je vous ai priés , si tel était votre dessein , de m'envoyer un connétable de plus, outre les deux déjà désignés. Je me suis donc rendu aujourd'hui à

Castel-Focognano ; mais j'ai changé de pensée parce que celte podesterie coniient deux arrondissements, celui de Caslel-Focognano et celui de Subbiano, tellement peuplés et étendus que

j'en tirerai cent cinquante hommes. J'ai en con- J séquence le projet de réunir Castel-Focognano ' avec Poppi et Castel-San-Niccolô, et Subbiano avec Bibbiena et Pratoveccliio : de cette manière les deux connétables me suffiront et il sera inutile de m'en envoyer un troisième. Mais je prie vos seigneuries de vouloir bien presser le Quaratesi de m'envoyer les armes que je lui demande, car il m'est impossible de rien faire si elles ne viennent pas et je perds mon temps inutilement. Je laisserai pour le moment Chiusi en arrière : on pourra réunir cette podesterie avec quelques autres communes du vicariat d'Angliiari, ou en former une compagnie à elle seule, car elle est vaste; mais il faut laisser passer les neiges avant d'entreprendre cette opération. Je me recommande à vos seigneuries.

Nicolas Macciiiavelli.

Poppi, le 5 mars 1505(1508).

LETTRE VIL

A NICOLAS MACCHIAVELLl , à Poppi.

Le 7 mars 1505(1506).

Ta lettre du 5 nous est parvenue hier au soir. Comme nous nous reposons entièrement sur toi du succès de l'opération que tu diriges sur les lieux, et de ce que lu jugeras de plus avantageux à cet égard, nous approuverons toujours toutes les mesures que tu auras prises; et , d'après ton avis , nous ne t'enverrons point pour le moment un autre connétable.

On n'ajamais pu retrouver ni Piero d'Anghiari ni Martinetto Corso : toutefois, comme il nous semblait que cette recherche faisait différer trop longtemps l'organisation des levées de Firenzicola, nous avons confié ce matin cette oi)ération à Giovanni del Mare, et demain au plus tard, dans la matinée, il partira avec Fiiippo pour cet endroit.

A l'arrivée de cette lettre tu auras dû recevoir les armes que lu as demandées , car le fournisseur nous a dit les avoir toutes envoyées avanthier à l'endroit que tu avais indiqué, c'est-à-dire à Gastel-San-Niccolo.

xvin.

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