‹ Œuvres complètesChapitre 280 sur 323 · AUTRE INSTRUCTION · texte numérisé non relu

AUTRE INSTRUCTION

DE FRÈRE HILÂRION.

Ifi prîmis, \om vous présenterez à moi, à Carpi, et je vous ferai connaître les frères auxquels vous aurez à parler; et faites en sorted'ètre à Carpi dans la journée du 16, avant vêpres.

Je désirerais que vous pussiez remettre avant tout la lettre au frère Franscesco da Potenza , auquel vous avez â exposer, de la part de l'illustrissime et révérendissime légat, que sa révérendissime seigneurie désirerait que Ton pourvût à ce que notre province fût divisée, par les motifs qui seront expliqués plus bas ; et comme sa seigneurie sait que ce frère est opposé à la division, vous tâcherez de l'engager à changer d'idée et à l'appuyer, parce qu'elle ne doute pas que s'il le veut il ne réussisse infailliblement; au lieu qu'en faisant le contraire, il déplairait extrêmement à sa révércndisf^ime seigneurie, qui est incapable de manquer, soit aux citoyens., soit aux frères; et vous ajouterez qu'elle .sent bien qu'il ne manifeste de l'opposition que parce qu'il en veut aux frères florentins; mais qu'elle aura pour agréable, dans le cas où cela serait, qu'il veuille bien, dans tout ce qui est raisonnable, être l'ami de ses amis ; que lorsque monseigneur apprendra qu'il est également l'ami de sa seigneurie , etc., etc. Vous emploierez enfin pour le convaincre ces belles paroles qui vous sont si naturelles.

LEGATIONS ET MISSIONS.

A l'égard de la lettre de la seigneurie et du

cardinal au conseil et aux définiteurs, vous êtes chargé de les prier en leur nom de consentir à ce qu'il soit formé une province séparée des couvents et des frères qui se trouvent dans le domaine de Florence, par la raison que depuis un certain temps on voit et on entend dire que les frères s'écartent beaucoup de la vie édifiante et exemplaire à laquelle leur règle les oblige ; et comme ils pensent que ce dé.sordre vient de la mauvaise manière de gouverner, ils ont jugé avec tous les autres gens de bien que ce moyen était le seul remède opportun; et vous tâcherez de les amener à ce point par les raisons suivantes :

1" Ils désirent voir les frères en bonne et non en mauvaise odeur, comme ils l'ont été jusqu'à présent ;

2" Cette mesure est désirée par un grand nombre de citoyens auxquels leurs seigneuries entendent satisfaire ;

3° Ils voient clairement que si cette mesure n'a pas lieu, il peut en résulter des inconvénients dont ils ne veulent niillo pacto entendre parler, et auxquels au contraire ils prétendent remédier;

4° Ils savent que les frères de leur domaine , et surtout les hommes de bien, réclament cette mesur(' comme nécessaire à leur réforme, et qu'ils ne peuvent ni ne veulent la négliger;

5° Enfin leurs seigneuries souhaitent que ce projet suive le cours ordinaire de leurs révérences , qu'elles engagent à se déterminer par leur seul amour de la religion, parce qu'elles ne voudraient pas recourir à d'autres moyens.

Vous pourrez appuyer toutes ces raisons , excepté la dernière, de l'autorité du révérendissime cardinal , et vous les engagerez de sa part à consentir à satisfaire à la très-haute seigneurie et aux citoyens. Vous ajouterez dans la conversation que le révérendissime cardinal , vivœ vocis oraciilo, a tâché deux fois ces jours derniers d'y engager le vicaire de la religion , qui a voulu s'en remettre au chapitre général ; qu'il prie et conjure leurs paternités d'y consentir; qu'il juge convenable pour écarter tous les inconvénients de prendre ce parti ; qu'il les engage à y bien penser ; que s'ils ne le font pas, sa révérendissime seigneurie aura du moins rempli son devoir; et que si par !a suite les ci-

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