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LEGATION AU CHAPITRE DE CARPI

fovens veulent employer un autre expédient, elle n'abandonnera jamais ni ses concitoyens ni ses rplif;i(>iix. \'ous leur donnerez l'assurance de tontes ces choses de la manière que vous iu{îerez la plus convenable et la plus coavaincaiite.

LETTRE UNIQUE

Au réTérendissime et illusirissime cardinal Jules de Médicis.

RÉVÉREIHDISSIME PÈRE ,

Ces relipjieux n'ayant ouvert leur chapitre que samedi dernier, je nai pu avant ce moment remplir ma commission. Ce jour-là ils nommèrent pour ministre l'jénéral le Soncino, qui était auparavant vicaire };énéral. Le dimanche suivant ils établirent douze assesseurs : cest le nom qu'on leur donne actuellement, parce que les frères d'au delà les moîits n'ont pas voulu que, suivant l'usage antique d'Iialie, on créât des définileur.s avec pouvoir d'arrêter et de prononcer sur les aflaires de la relij',ion. Us ont désiré au lieu de cela qu'on choisît ces assesseurs, lesquels, avec le ministre 5',énéral, auront le pouvoir d'entendre et d'examiner les affaires, et, après les a oir ouïes et li ailées, d'en faire le rapport au chapitre, au(|utl est ré:er^ée lautorilé de les décider. Je me présentai donc hier au minisire et aux assesseurs italiens: je leuc remis mes lettres et je leur exposai ma cuumiission de la manière et avec les paroles (]ue je crus les plus propres à les amener aux résultats que l'on désire, et je ne né|',li{ï! ai aucune des rai:-ons que voire révérendissime seii;n('urie m'avait recommandées à mon départ et que le fVère Hilariou m'avait ensuite rappelées.

Dès que j'eus exposé l'objet de ma mission ces pères eurent entre eux une longue conférence, à l'issue de laquelle ils me firent appeler, et ils s'étendirent d'abord sur les grandes obligations qu'ils avaient contractées envers notre république et votre très-illustre maison, et en dernier lieu encore envers votre révérendissime seigneurie. Ils ajoutèrent qu'ils voudraient, nonseulement en pensées mais par des actions, faire quelque chose qui fût agréable à tous; qu'ils n'ignoraient pas que les démarches des Huit de

I(àCGHIAVBU.1. u.

pratique et les désirs de votre révérend i.ssi me seigneurie n'avaient rien que de bon. et que vous étiez tous uius par des causes jiisies et raisonnables; uiais que ce quon leur demandait était d'une aussi grande importance qu'aucune des affaires qu'ils eussent eues à traiter de[)uis plus de deux cents ans; qu'en conséquence il était nécessaire de ne point embrasser de parti sans l'examen approfondi le conseil et l'avis des autres D'ères du chapitre, n'ayant pas à eux seuls l'autorité suffisante; qu'ils feraient en sorte de prendre avant la dissolution du chapitre une conclusion quelconque qui pût èire agréable aux hauts .seigneurs et à voire révérend! sime seigneurie; que connue cette affaire était difficile et scabreuse et de naim-e à ne pas éire décidée à la légère, pour prouver aux seijvneurs et à votre ré\érendissime. seigneurie les lionnes dispositions dont ils étaient animés et ne pas me retenir iiiuiilemeut plusieurs jours, ils leur écriraient ce qu'ils venaient de me dire et que je pourrais partir avec leur réponse.

Durant toute celle conférence ils manifestèrent, d'un côié le désir qu ils a. aient de rendre service â ceux qui leur adressaient celle prière, et de l'an! re l'importance et la difficulté de l'aff.iire, alléguant ces mêmes raùsons que votre révérendissime seigneurie peut avoir déjà entendues. Je ne man(juai pas de leur répondre le pins chaudement que je pus, et je les engageai à laisser de côté toutes ces difficultés pour en venir francheuieni au résultat. Je leur dis enire autres choses que je n'avais pas été envoyé par les seigneuries pour discuter cette matière qu'elles avaier.t depuis longtemps suffi- •samment examinée et disculée, mais pour leur faire connaiire leur désir et les prier de le satisfaire, ce qui ne pouvait avoir lieu qu'en faisant ce qu'elles désiraient; que je voyais dans leur réponse deux choses qui devaient parliculièrement déplaire aux seigneurs : lune, la lenteur de la résolulion; Taulre, l'iiUention de vouloir traiter l'affaire en la remettant à la décision du chapiire; qu'ils n'ignoraient pas que lorsqu'un peiit nombre de personnes seulement ne veut point faire une chose et cherche à élever des difricultés, on en remet la décision à. la multitude; que Ton avait pensé à cela, et que l'on y avait pourvu de manière (ine non-seulemeat leurs révérences réunies , mais

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LÉGATIONS

le ministre {général à lui seul , eussent Tautorisaiion suffisante du pape de conclure cette séparation sans avoir à Ja soumettre au '■hapilre. Aloi s je leur présentai les deux brefs, suivant les instructions particulières de frère Hilarion, dans Pidée qu'ils me répondraient, comme ils le firent en effet.

Les pères prirent lecture des brefs, et me dirent ensuite qu'il leur était impossible, sans un reproche et une honte éternelle, défaire une semblable division avant d'en référer au chapitre; que les brefs eux-mêmes leur en imposaient le devoir en disant : Huhito priiis maturo examine :, et super hoc onerando conscientias vestras ; mais que l'on ne leur en voulût pas, parce qu'ils tâcheraient par tous les moyens de faire ce qu'on leur demandait ; et après beaucoup de répliques de part et d'autre, nous finîmes sans avoir rien conclu.

Avant de parler à tous les pères réunis j'avais vu en particulier le frère Francesco da Potenza, auquel je présentai la lettre de votre révérendissime seij',neurie, de la part de laquelle je le pressai vivemi nt de se montrer favorable dans celte affaire; et je lui fis sentir adroitement que la sagesse des hommes consistait à savoir donner ce qu'ils ne pouvaient ni vendre ni garder. 11 est impossible de montrer un déir plus chaud que le sien de favoriser la chose. 11 ajouta'quil était le serviteur de votre ré\ érendissime seigneurie, dont le moindre signe était un ordre pour lui. J'entretins ensuite en [jarticulier chacun des pères, employant des paroles ()lus vives et plus pressantes que je ne l'avais l'ait en leur parlant à tous ensemble, ainsi que votre rcvérendissime seigneurie me l'avait recommandé. Tous insistèrent sur les difficultés que présentait la réussite et sur le désordre qui en résulterait lorsque l'affaire serait terminée, mais chacun d'eux conclut que votre révérendissime seigneurie serait satisfaite. Je crois, d'après les termes dont ils se sont servis, que leur intention est de charger de cette affaire le ministre

ET MISSIONS

j général, qui se rendrait en Toscane avec trois

OU quatre autres pères pour examiner et ter-

. miner la chose sur les lieux. Si l'on prend ce

! parti, frère Hilarion ne doute pas que ce ne soit

pour conclure à notre satisfaction.

Lorsque j'eus terminé toutes les démarches dont je viens de rendre compte à votre révérendissime seigneurie, et les lettres de leurs paternités m'ayant été remises , frère Hilarion a pensé que je devais sur-le-champ remonter à cheval , et faire assez de diligence pour être de retour à Florence mercredi soir, afin que les seigneurs Huit de pratique pussent écrire une autre lettre qui arrivât ici avant la dissolution du chapitre, laquelle doit avoir lien samedi ou dimanche prochain. Cette lettre devra porter que l'on n'est point du tout satisfait de la lenteur que les pères mettent à se décider, et conclure en peu de mots, mais avec fermeté, que toute détermination qui n'o[)érerait point effectivement une séparation de notre province ne satisferait en aucune manière. Je suis arrivé ce soir à Modène avec cette commission; mais j'ai éprouvé (jue courir ainsi la poste à franc étrier ne me réussit pas du tout, à cause d'une certaine indisposition dont je suis atteint. Dailleurs je me suis souvenu que votre révérendissime seigneurie m'avait prescrit de m'arrêter un ou deux jours dans cette ville : en conséquence j ai pensé qu'il suffisait de lui donner par écrit connaissance du tout , pensant que ce serait la même chose que de venir moi-niéme; d'autant plus qu'il y aura moins de temps perdu si l'on veut récrire ici avant la dissolution du chapitre. Gismondo dei Sali, homme d'affaires du seigneur Alberto, m'a rendu de grands services dans celte occurrence. J'ai voulu lui donner ce témoignage devant votre révérendissime seigneurie, envers laquelle il se montre tout à fait dévoué et par ses paroles et par ses actions , et à laquelle à mon tour je me recommande.

Nicolas Macciiutelu.

LEGATION A VENISE

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