SECONDE MISSION AUPRÈS DE F. GUICCIARDINI
quel on se rend à Plaisance et à Parme. Quoique ces nouvelles ne soient pas ce qu'on appelle officielles, elles nous viennent de tant de côiés (ju'on petit y ajouter fo'.
Rien de nouveau des E-^pngnols de Milan que ce que Je vous ai marqué hier au soir.
Le duc de Ferrare ne remue pas encore; cependant on croit ici avoir deux sij^nes d'après lesquels on pourrait conjeclurer qu'il se dispo.se à attaquer tout ce pays-ci : le premier est qu'il y a au moins quelques mois les liabilants de ces cantons conclurent une trêve avec ceux de Garpi , par laquelle ils convinrent que les iiabitanls des deux pays ne se bâtiraient pas les uns contre les autres : cetie Irève se trouve expirée, ei ceux de Carpi n'ont pas voulu la renouveler; d'un autre côié, le duc avait ici les relais de la poste qui .se endaient de Ferrare à Reggio : il les a fait supprimer en recomman-
dant au courrier de ne pas quitter son territoire. Le lieutenant, voyant que le ihcâire de la guerre s'éloigne et qu'il se porte vers Plai.sance et Panne, esl moulé aujourd'hui à chev.il sur la vln^jt-deuxième heure, et, suivi du comte Guido et de Guido Vaina, il est allé du côté de Parme. En con.séquence je partirai demain malin, et me rendrai auprès de vous à petites journées pour ne pas me fatiguer inutilement. Je n'ai d'ailleurs rien de nouveau à apprendre à vos .seigneuries que ce que je leur ai écrit ; car quant à la paix ou à toute auire espèce d'enj",agement que l'on pourrait provoquer de ce côté-ci, le lieutenant regarde toutes les tentatives que Ton ferait à cet égard comme inutiles, même dangereu.ses et de nul profit. Je me recommande, etc.
Nicolas INlAccniAVELii.
Modène , le 5 décembre- 1526.
SECONDE MISSION