SCENE V
SIRO, LIGURIO, FRÈRE TIMOTEO déguisé, CALLIMACO.
SIRO. Qui donc est là avec toi , Ligurio? LiGDRio. C'est un brave homme.
LA MANDRAGORE. -
siRO. Est-il boiteux , ou s'il en fait semblant ? LiorRio. Mcle-toi d'autre chose.
SIRO. Oh! il a la mine d'un grand vaurien. LiGiiRio. Eh ! tais-toi ! tu nous romps la tête. Où est ton maître?
c.yLLi>LiCO. jMe voici. Soyez les bienvenus.
lïGURio. CalHmaco, fais un peu la leçon à cet extravagant de Siro : il a déjà dit mille sottises.
CAXLiMAco. Siro , écoute ici. Je t'ordonne de faire ce soir tout ce que te dira Ligurio, et prends bien garde que, lorsqu'il te commandera quelque chose, c'est comme si c'était moi. Du reste tout ce que tu vois, entends ou devines . il faut le tenir dans le plus grand secret si tu t'inquiètes un peu de ma fortune, de mon honneur , de ma vie , et aussi de ton intérêt.
SIRO. Je n'y manquerai pas.
CAiLiMACO. As-tu donnéle gobelet au docteur?
SIRO. Oui , monsieur.
CAiLïMACO. Qu'a-t-il dit ?
SIRO. Que tout sera comme il est convenu.
TiMOTEO. Est-ce là Callimaco ?
CALLDiACO. Pour vous obéir. Nos conditions sont faites ; vous pouvez disposer de moi et de toute ma fortune comme de vous-même.
TiMOTEO. On me fa dit et je le crois; aussi je me suis employé à faire pour vous ce que je n'aurais pas fait pour àme ■Hii vive.
CALLIMACO. Vous n'y perdrez pas vos peines.
TDiOTEO. Il suffit de votre bienveillance.
LiGL'Rio. Laissons là les cérémonies. Nous allons nous déguiser, Siro et moi ; toi . Callimaco, viens avec nous pour te mêler un peu de tes affaires. Le frère nous attendra ici ; nous reviendrons sur-le-champ, et puis nous irons ensuite chercher messer Nicia.
CALLIMACO. C'est bien dit. Allons.
TiMOTEO. Je vous attends.