‹ Œuvres complètesChapitre 55 sur 323 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

NICOMACO, CLEANDRO.

NICOMACO. Cleandro! Eh ! Cleandro!

CLEANDRO. Monsicur?

peuple avait donné la souveraineté par acclamation, fut chassé par le peuple quelques mois après, malgré les fortifications qu'il avait élevées pour sa défense; ce que Macchiavelli rappelle par ces mois mis dans la bouche d'Eustachio : Ed anche il duca murcna , «le duc aussi élevait des murailles. » lit puis Eu.stachio continue : Ma se la preiide te, la sarà salita in vh miiri<cio/i, « mais si elle le prend, elle sera bienlôl momée sui' les bancs de pierre.» Les muiiccioU éiaieni de petits bancs en maçonnerie qui se consi misaient d'ordinaire auprès de la porte des palais et des grande s maisons. On y trouvait parfois les filles des rues, sui' la brune ; et le jeu de mots est, iominc on voit, entre niurava et mnriccioli. Ç'~t ce que nous n'avons pu faire comprendre «sar un équivalent.

M.\.CCIiIAVFLtl. 11

NICOMACO. Viens ici, sors de là-dedans, te dis-je. Que fais-tu toute la journée dans la maison ? iN'as-tu pas honte d'ennuyer ainsi cette jeune fille? Dans ces jours de carnaval les jeunes gens de ton âge vont se promener, ils vont voir les masques ou jouer au ballon. Tu es un de ceux qui ne savent rien faire, et je ne sais en vérité si tu es mort ou vif.

CLEANDRO. Toulcs CCS clioscs ne me divertissent pas, et ne m'ont jamais diverti. J'aime mieux rester seul que fréquenter toutes ces sociétés; et je restais d'autant plus volontiers à la maison que, vous y voyant rester vous-même, je me trouvais là tout prêt à faire ce que vous auriez pu désirer.

NicoM.iCO. Voyez donc ce qu'il va s'imaginer! Tu fais le bon fils ! Je n'ai pas besoin de lavoir sans cesse à mes trousses ; je paye deux domestiques et un régisseur pour n'avoir rien à t'ordonner.

CLEANDRO. Eh ! mon Dieu ! ne voyez-vous pas que ce que je fais c'est à bonne intention ?

NICOMACO. Je ne sais pas quelle est ton intention; mais je sais que la mère est une folle qui ruinei^a cette maison. Ce que tu aurais de mieux à faire ce serait d'y porter remède.

CLEANDRO. Ou cllc , OU d'autrcs.

NICOMACO. Qui , d'autres ?

CLEANDRO. Jc ue sais.

NICOMACO. Jc le crois bien que tu ne le sais pas. Mais que dis-tu de toutes ces affaires relatives à Clizia ?

CLEANDRO , à part. Ah ! nous y voilà enfin .

NICOMACO. Que dis-tu? Parle haut, qu'on t'entende.

CLEANDRO. Je dis... que je ne sais qu'en dire.

NICOMACO. Ne te semble-t-ilpasque madame ta mère fait une étrange bévue de ne pas vouloir que Clizia soit la femme de Pirro?

CLE.4NDR0. Je n'entends rien à tout cela.

NIC031AC0. Je sais à quoi m'en tenir : lu as pris son parti , et il .se mitonne là-dessous autre chose que des contes. Tu trouverais mieux, sans doute quelle épousât Eustachio?

CLE.4NDR0. Je ne sais. Je vous dis que je n'eniends rien à tout cela.

NIC0.1UC0. Et à quoi diable entends-tu quelque chose ?

CLE.\NDRO. Pas à cela du moins.

KicoMAco, Tu t'es bien entendu pourtant 3

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