SCÈNE IV
SOFROKIA, DAMONE
SOFRONIA, A e le-cc^mp. Je lie m'étonne pas que mon mari me pressât d'inviter Sostrata, la femme de Damnne : il voulait que la maison fût
OUVRAGES DRAMATIQUES
libre pour y prendre ses ébats à son aise. Mais voici Damone ( ô miroir de la ville et colonne du quartier !), qui prête sa maison pour une action si honteuse et si coupal)le! Je les traiterai de sorte qu'ils rougiront d'eux-mêmes , et je veux commencer par berner celui-ci.
DAnioiNE, à part. Je m'étonne que Sofronia se soit arrêlée là-bas et ne vienne pas appeler ma femme. Mais la voici qui s'avance (Haut.) Dieu vous garde, Sofronia.
SOFRONIA. Et toi pareillement, Damone. Où est ta femme ?
DAMO.NE. Elle est à la maison , et toute prête à venir si tu l'appelles, car ton mari m'en a fait la demande. Irai-je la clierclior.^
soFROiviA. Non, non : elle doit avoir affaire.
DAMONE. Elle n'a aucune affaire, je l'assure.
SOFRONIA. Laisse-la : je ne veux pas la déranger. Je rappellerai quand il faudra.
DAMONE. Ne préparez- vous pas la noce?
SOFRONIA. Oui, nous la préparons.
DAMONE. Et n'as-lu pas besoin qu'on t'aide?
SOFRONIA. 11 y a là-dedans tout un monde maintenant.
DAMONE, à part. Que faire à présent? Ce vieux fou baveux, chassieux et édenté m'a ftiit faire une lourde sottise : il me fait offrir ma femme pour aider celle-ci, qui n'en veut pas Elle va croire que je mendie un dîner et me tiendra ponr un misérable.
SOFRONIA, à part. J'ai déjà renvoyé celui-là bien embarrassé. Voyez comme il s'en va penaud et tout .serré dans son manteau ! Il me reste main- Çenanl à berner aussi un peu mon barbon. Le iroici qui revient du marché : je veux mourir s'il n'a acheté quelque chose pour paraître gaillard et pour se parfumer.