SCÈNE III
FRÈRE ALBERIGO, ALFONSO.
ALFONSO. Père , je vous cherchais pour vous dire oii est la clef du caveau, afin que vous puissiez avoir du vin. Je suis fâché de n'y avoir pas songé tantôt.
FRÈRE ALBERIGO. Fort bien , et je vous remercie, quoique je n'en aie pas eu besoin.
ALFONSO. Comment donc! ne sont-elles pas encore venues?
FRÈRE ALBERIGO. Si fait Vraiment , mais elles avaient apporté un flacon qui leur a suffi pour dîner.
ALFONSO. Eh bien , si elles en avaient besoin pour ce soir, cette clef est sur la fontaine de la salle , à côté de cette mesure où sont peintes les armes des six boules ^
FRÈRE ALBERIGO. Grand merci. Quand pourrai-je reconnaître tant d'obligeance?
ALFONSO. Ce n'est rien auprès de ce que je
' Ce sont les armes des Médicis, où étaient figurées six boules [palle).
RAMATIQUES.
\ voudrais faire pour vous. Mais c'est assez de paroles. Je vous dirai que je n'ai pas encore dîné : je m'en vais et vous laisse, car je fais attendre de nombreux convives.
FRÈRE ALBERIGO. Va douc. Diantpc ! ce n'est pas poli de faire attendre son monde après l'heure fixée. Adieu.
ALFONSO. Vous avez bien raison.
FRÈRE ALBERIGO. Jemerecommandc toujours à toi. (Seul.) Avez-vous vu ! si par malheur cet homme fût arrivé un peu plus tôt et ne m'eût pas rencontré, dans quel mauvais cas je me trouvais! Au diable les clefs et les caveaux ! Cependant, grâce à Dieu,tout va à souhait jusqu'à présent.