‹ Œuvres complètes;Chapitre 14 sur 51 · INSTITUTION DU PRINCE · texte numérisé non relu

INSTITUTION DU PRINCE

A Monseigneur le Duc de Vendosme.

Gesar, fils de Henry, le miracle du monde, Il sera bientost temps que ta vertu responde Aux présages heureux que tu donnes de toy, Et qu'en les surmontant, tu contentes le Roy;

5 Le Démon de l'Estat te porte hors d'enfance, Pour servir au Dauphin, les délices de France. Ton courage t'appelle et met en mille lieux L'image de la gloire au devant de tes yeux : Suy les pas de ton Père et redonne à sa vie

10 Des tesmoins immortels comme tu l'as suivie. Les esprits généreux, malgré les loix du Temps Nous font voir leur automne avecque leur prin-

[temps :

Et le cours du soleil, le tyran des années, Ne se doit observer pour les âmes bien nées, (i)

(i) On ne peut s'empêcher de rapprocher ces vers de ceux du Cid, san« pour cela d'ailleurs accuser Corneille de plagiat :

Je sais jeune, il est vrcà, mais aux âmes bien nets, La valeur n'attend pas le nombrç des années.

i5 Ce grand Mars (i) à treize ans aux batailles cstoit, Et son ange en naissant aux périls le portoit.

Si de ce que tu sçais tu retardes l'usage, Tout ce que tu promets sera pour ton dommage. Les lettres et les arts ne sont que d'ornement;

20 II faut sur l'action mettre ton fondement. Ces lumières d'esprit, ces esclairs de nature Qui contentent la Cour, où tu prends nourriture, En un âge plus meur peut-estre s'esteindront, Ou, n'en usant pas bien, ta fortune perdront.

25 J'aime mieux les terroirs moins plaisants à la

[veûe, Qui rendent tous les ans leur province pourveûe De blé, de vin, de bois et d'autre utilité. Qu'une terre plus belle, et sans fertilité. Qui porte les lauriers, les myrthes et les roses,

3o Mais qui prend des voisins toutes les autres choses. Aux ministres des Dieux et de leur volonté. Gomme les princes sont, j'aime mieux la bonté, Le silence, les faicts, la foy, la patience, Et la juste valeur que toute autre science :

35 Le Tybre vit les siens adonnés à ces arts.

Qui sont dignes des Roy s, et propres aux Gesare. Ges héros des vieux temps, ces astres de la guerre, Du bruit de leur valeur n'ont pas remply la terre, Ny pour estre subtils, ny pour estre rusez :

4o Les travaux, les combats, qu'ils se sont proposez, De l'amour de la g^loire ayant l'âme saisie, Leur ont acquis l'Empire et d'Afrique et d'Asie. Gesar, fils de Henry, tel comme eux tu seras {■>.), Et né d'un plus grand qu'eux, tu les surpasseras,

45 Si tu veux prendre garde à ces vers, que je donne Non seulement à toy, mais à ceste couronne.

(1) Henri IV.

(?) Toi comme eux tu seras (Ms. Montbéliard).

5o OEUVRES DE DES YVETEAUX

Jette les yeux au Ciel; c'est là que je voudrois Prendre l'appuy des grands et l'ornement des

[Roys:

Et non pas de ces vers, ny de tout autre ouvrage

5o Des siècles plus sçavans, ou de ceux de nostre âge. Donne ton cœur à Dieu, recherche son secours, Et sur luy seulement fonde l'heur de tes jours. Fuy, pour suivre ses loys, les fortunes prospères, Et ne t'esloigne point de la foy de tes pères.

55 Au langage, aux habits, j'aime à voir adjouster Ge qu'une longue Paix nous peut faire gouster; Et voir combien le Temps, Roy des choses mor-

[telles Donne et desrobe aux arts de richesses nouvelles : En la Foy seulement je hay la nouveauté;

60 Plus elle est pleine d'ans, plus elle a de beauté. Mais il faut, croyant bien, adorer et se taire. Défendant à nos sens d'esplucher ce mystère. Tu peux en tous endroicts, et lorsque tu le veux. Invoquer l'Eternel, et luy faire des vœux :

65 Pour ceux qui vivent bien, le monde n'est qu'un

[temple.

Mais tu luy dois ta vie, au peuple ton exemple; Le Chef peut sur la foy comme il faict sur les

[mœurs.

L'Orient autrefois suivit ses Empereurs Et les peuples du Nort, esteignant leur lumière,

70 Changeront sous leurs Roys leur créance première, Sans faire le dévot que ton cœur soit entier, Autant que peut porter la loy de ton mestier : Dieu ne s'achète point par de grands sacrifices, Ny pour luy consacrer de pompeux édifices;

75 II aime beaucoup mieux les esprits innocens, Que les autels couverts de chandelle et d'encens. Hay les sectes de part, mais aime tous les hommes. Sans te réduire aux lois des climats où nous

[sommes:

POÉSIES 5l

Que l'Arabe, le Scythe et les fronts bazannez

80 Qui sous un autre ciel que le nostre sont nez

Ne soyent tenus de toy pour des peuples barbares, Et chéry leurs esprits, s'il s'en trouve de rares. Gomme le soleil voit toutes les nations, Sur tout le genre humain jette tes passions.

85 Ge que le tour voûté de ces boules creusées Gouvre de régions diversement posées, Et tout ce que ïitan de nous se reculant, Avec ses flammes d'or icy bas va bruslant, Est la terre du Prince ; et si le sort l'appelle,

90 Bien qu'il vist chaque jour quelque rive nouvelle, Non" plus que le soleil, il n'est point estranger, Pourveu que par valleur il s'y puisse loger. Ainsi le Roi d'Ithaque, allant apprendre à vivre, Se lîst sçavant, et n'eut que le monde pour livre.

95 Plus d'un chemin se montre à tes yeux affamez, Pour rendre avant le temps tes travaux renommez. Les dieux de l'Océan attendent à la porte Qu'un chariot marin sur les ondes t'emporte; Et, comme de son fils secondant le dessein,

100 Thetis à tes vaisseaux abandonne son sein. Non pour te faire Roy de ses peuples sauvages. Mais afin que, passant par delà leurs rivages, Plutost que par les Vents par la gloire agité. Tu tournes vers la Jave ou devers le Gatay

io5 Ramenant au retour, sur ta poupe montées, Des familles des Roys par tes armes domtees. Et que ta flote, ga\(> iiA('((fueis ces trésors, Qui sont dignes de toy, revienne voir nos ports. 0 combien jour et nuict la grandeur de ton Père

no Te montre de travaux et de chemin à faire ! Je te voudrois bien voir entre les Othomans, Arbitre de leurs faicts, ou chef des Allemans, Renoncer aux lauriers d'une guerre intestine, Pour «n aller chercher dedans la Palestine :

ii5 Et, forçant la Syrie à quiter le turban,

Planter tes estendars sur le haut du Liban, Et que l'Eufraiste veit sous ses palmes dorées. Les armes des François à jamais arborées. Moy, je verrois les mœurs de tant d'hommes

[divers

120 Et cette gr,ande cité qui commande à trois mers Je verrois leurs maisons, leurs superbes mosquées Et de vaines erreurs ces âmes offusquées, Changeant en peu de temps et de maistre et de loy, Reviendroient quant et nous adorer nostre Roy.

125 Au retour, je voudrois sacrer à la mémoire Des monumens pari ans messagers de ta gloire : Le Temps, père de tous, dévore ses enfans. Et triomphe à la fin des actes triomphans, Si les anges du monde, amis des grands courages,

i3o Nempeschent par leurs vers la puissance des âges. Souvien-toy donc, par là, d'estimer les esprits Qui te peuvent donner ce qui n'a point de pris; Groy que les lettres sont les flambeaux de la vie. Les nourrices des mœurs, par qui l'ame ravie

i35 Dedans le premier ciel aisément peut entrer. Et là, dans l'avenir hardiment pénétrer. Par elles, dans ton lict, l'Océan tu traverses Et vois de l'univers les régions diverses; V Par exiles, les mortels immortels sont rendue;

ilio Ce sont les deux rempars des lieux mieux défendus, Les reines des destins, les mères de l'usage. Les chaisnes des désirs, et l'ame du langage, La source des conseils, le repos des labeurs, Les charmes des ennuis, et l'oubly des douleurs.

l^b Ces vaiqueurs qui trouvoient la terre trop petite, Et qu'on ne peut nommer et taire leur mérite, (i)

(i) La syntaxe rigoureuse de Vaugedas eut exigé : et dont on ne peut taire le mérite. C'est une des incorrections à signaler dans l'œuvp de Des Yveteaux.

S'estant appelés grands, par elles sont fameux,

Et tu peux les aimant l'estre aussi bien comme eux.

Ramené donc icy ces beautez dédaignées i5o Et fay que, par Gesar, les Muses eslongnees,

Qui si soigneusement jusqu'icy t'ont nourri,

Reviennent à la Cour au siècle de Henry. Je ne veux pas pourtant que ton cce^r s'en affole;

Instruy-toi pour le monde, et non pas pour l'école : i55 II faut que ton sçavoir se descouvre en vivant,

Et t'aime beaucoup mieux habile que sçavant.

L'e nombre des chemins le pèlerin retarde;

Qui sçait tant de raisons jamais ne se hazarde.

Sans espouser les ars, ny sans les ignorer, i6o C'est estre assés sçavant que de les honorer.

Pren tes secours (i) partout, aux jardins, à la

Que mesme le menteur te face véritable : [table ;

Le vice enseigne plus, quand on peut l'éviter,

Que ne faict la vertu, ne pouvant l'imiter. 165 Comme en voyant les mers, dont l'Europe est

[bornée,

Ayant sans nul regret la France abandonnée

Et l'assiete et le cours des fleuves et des lieux.

Seulement en passant arresteront tes yeux;

Tu verras, d'un regard jette sur tes passages, 170 Tout ce qui nous peut plaire et nous rendre plus

[sages,

Leur ordre, leurs esprits, leurs ouvrages plus

[beaux,

Le lieu des grands eombats, leurs arcs et leurs tom

[beaux.

Mais ny des vieux Romains la demeure sacrée.

Ou celle que le ciel dans la mer voit ancrée (•^), 176 Ny ce que l'Eridan de ses eaux rafreschit (8),

Ny les vieilles citez que la Meuze enrichit,

(i) Pren tes leçdns (T).

(2) Allusion à Venise.

f3) refleschit (Ms. Montbéliard — V.)

Ou tout ce que le Rhin de nos terres divise, Ny ces champs amoureux de la belle Thamise, Ne pourront pas longtemps ton esprit retenir

i8o Et chargé de butin tu voudras revenir.

Des sciences ainsi tu dois, comme des villes Rapporter au métier (i) l'es secrets plus utiles, Et les réduire au but d'un Prince conquérant. Autrement j'aime mieux que tu sois ignorant;

i85 Car les princes lettrez sans valleur je mesprise. Et ne leur donne rang qu'au Sénat de Venise. Aymé donc les dangers et porte les travaux. ' Montrant d'aimer la guerre, en aimant les chevaux, Aux courses, aux tournoys, aux combats de bar-

[rière,

190 Que tu sois le premier commençant la carrière : (2) Et ne croy que, pour estre yssu du sang des Dieux, Si tu ne vas cerchant les actes glorieux, Que les cœurs eslevez, ny le peuple t'adore. Jupiter eut deux fils, dont nous parlons encore,

19.5 L'un ardent à la gloire, Hercule se nomma, Et de tant de hauts faicts sa valeur renomma Qu'on doit dire plustost qu'il est filz de ses gestes, Ayant rano^ au palais des lumières célestes. L'autre, de sa nature aux vices adonné,

000 Bien que du mesme père îcy bas il fust né, De ce fleuve fameux sonde les ondes profondes, Tousjours brnslant de soif dans le milieu des

[ondes. (3) N'esteins point ce grand jour, que du ciel tu

[reçois, D'estre ne de Hent^y, le soleil dos François. (/\)

(i) Entende?: Ifi « mV»tîer des armes ».

(5) Aux courses, aux tournoys, commence la carrière, Et parois le premier aux combats de barrière...

(V, P, L, Li, H).

Aux courses, aux toumyos, commence la carrière, Paroissant le premier aiv front de la barrière... (T.)

(3) Allusion ?i J'^ternel supplice de Tantale.

(\) le xoldat des Français (\, L, L't, P, H).

2o5 Garde, mesme à ton dam, comme il fait, ta pa-

[rolle(i), Non pour ce que la foy dedans le Gapitole Auprès de Jupiter eust son throsne élevé, Mais pource que l'Estat par elle est conservé, Que la terre et la mer tiennent leur repos d'elle;

910 Et la garde aux combats mesme à l'homme infi-

[delle.

C'est l'espoir des vaincus, l'ornement des vain-

[queurs.

Le cinquiesme élément, la Déesse des cœurs, Dont les liens sacrés nous sont si nécessaires, Qu'elle garde ses droicts jusqu'entre les corsaires.

?!t5 Tiens, comme fils de Roy, la libéralité, Soit d'effect ou de nom, pleine d'utilité. C'est l'esclat des vertus, et le manteau du vice. Peu d'hommes sont tenus de te faire service, Ce n'est pas comme aux Rois enfans de Jupiter;

o^o Si tn veux des sujets, il faut les acheter,

A te les acquérir de bonne heure commence; Mais fay soigneusement des hommes différence. Tl ne faut pas sans chois tes dons abandonner. Car beaucoup scavent perdre et peu sçavent

[donner

0-^5 A tout autre qu'à toi ces flammes amoureuses, Qui bruslent chastement les âmes généreuses, Ne me déplaisent point; alors que deux beaux yeux Elevant dans le ciel leurs desseings glorieux. Pour voir par la vertu leur foy récompensée,

o.^o Leur font abandonner toute basse pensée,

Et, dessous ceste ardeur, ne recerchent si non Que d'rlever leur gloire, et d'accroîstre le nom

(i) comme il faut, ta T>aroll<» (V)

comme il faut, «!n parolle (P, L', Li, H)

comme il fait, «^n parolle. C/n.r/ffnfnon dn Prînnf. ifio/i. T.)

De la beauté qui tient leur liberté captive. L'amour ne fut jamais dans une ame craintive,

235 Mais puisque les Destins, Roys de l'éternité, Eux-mesme ont faict les nœuds de ta captivité. Choisissant la beauté qui passe de naissance, De fortune et d'honneur les déesses de France, (i) Adore ta prison, et fay voir en croissant

9.f\o L'effect des voeux sacrez que tu fis en naissant. Tu verras de bonheur ta jeunesse suivie. Fuyant les voluptez sepulchres de la vie; Les travaux glorieux t'en donneront assez, Les prenant seulement quand ils seront passez;

^.fiï) Si tu dis ton secret, tu donnes ta franchise, Et ne peux mettre à fin nulle haute entreprise. N'aime (2) point à parler, mais parle nettement, Et plus au sens qu'aux mots cerche ton ornement; Dy plus communément les choses plus vu'lgaires,

25o C'est 011 l'art est plus beau quand il ne paraît

[gueres.

Je hay les vains discours gravement prononcez. Ces théâtres d'un jour que le peuple a dressez. Et ces colosses creux, tous remplis de fascines, Ressemblent à ces gens qui, d'accens et de mines,

255 Semblent porter la masse et la peau du lion, Et toute leur valeur n'est qu'en opinion (3)

Supporte les defaults; marque les sans en rire. Et ne pers point de coeurs pour te plaire à médire. Retien plus ton courroux, plus ton esprit est pront:

260 Mais il vaut mieux encore le porter sur le front Que, l'ayant au dedans, le nourrir pour mal-faire; Plus on a de pouvoir, moins il faut de colère.

' (i) Lo Duc de Vendômo ^tait-il déjà fiancé à Françoise de Lorraine, duchesse de MercaMir, qu'il épousa plus tard et dont il eut un fîls, Louie de MercœuT, en i6i:î? (Note de Blanchemain.) C'est en effet très possible,

(5) n'aimant point {Ms. MonibéUard).

(8) c'est-à-dire : Leur vnleuf cet toute imaginaire, fictive.

Les astres plus puissans vont plus tardivement, Et les fleuves plus grands coulent plus doucement.

5(65 Rens de tes ennemis la fortune abaissée; Porte celle des tiens, quand elle est traversée. Je hay ces Princes moulx qu'on ne peut allumer, Il faut sçavoir hayr pour sçavoir bien aimer. La pompe des habits est indigne des Princes,

270 Leur despense doit estre aux ports de leurs pro-

[vinces.

Aux temples, aux palais, à l'hospitalité, Et leurs faicts doivent tendre à l'immortalité. Encore Babylon ny la grande Carthage N'ont sçeu, contre les temps, garder leur avantage,

5*75 Ny mesme Jupiter défendre ses maisons,

Estant maistre des Dieux, du pouvoir des saisons; N'en espère pas mieux; car la chaux et les sables, Les marbres et les bois sont choses périssables. Par les rares esprits cherche l'éternité,

î»8o Ou comme a fait César, non pas la vanité, (i) Des yeux de l'Univers se lira ton histoire; Cent âges seulement borneront ta mémoire. Les rayons du soleil peuvent estre cachez. Mais des Princes tousjours paroissent les péchez.

^85 Au milieu de la Cour j'achevoy cet ouvrage, Lorsqu' Apollon tout bas achevoit son voyage, Et que le tour du ciel, desjà par douze fois Avoit esté reçeu par la Reyne des mois. Quand après tant de maux et de faits mémorables,

^90 Le grand Henry, couvert de lauriers vénérables Nay pour l'heur de son âge, à qui la terre doit Tout ce qu'à tant de Dieux jadis elle rendoit, Vivoit heureusement à l'ombre de ses palmes, Ayant rendu nos jours et ses provinces calmes,

(i) C'est-à-dir« : Cherche à l'immortaliser, non par la vanité, mais en der^nant, comme César, nn grand capitaine doublé d'un grand écrivain.

9.()5 Et dans un Paradis, au milieu des desers, Mesloit aux jeux de Mars les lettres et les vers. Sous un sceptre si doux, l'Europe renaissante, Gomme dessous Trajan, redevint florissante; Paris, roy des citez sa pompe reprenoit ;

3oo Aux biens inhabitez le peuple revenoit; Et chacun en repos, d'espérance certaine, Attendoit doucement la moisson de sa peine. Du Sénat et des loix la vieille majesté Mettoit de jour en jour l'empire en seureté;

3o5 L'océan estoit libre, et ses portes (i) ouvertes

Recevoient les vaisseaux sans pillage et sans pertes, La terre, de longtemps amassant des thresors, Les offroit aux passans et les jettoit dehors. On voyoit à nos voeux toutes choses propices.

3io La Reine cependant, mère de nos délices, De pudiques pensers son esprit nourrissant, Faisoit, par ses vertus qu'on alloit bénissant Le jour que ce grand Mars, tout rayonneux de

[gloire, Alla, comme vaincu, sortant de la victoire,

.3t5 Le diadème bas, offrir sa liberté,

Pour rendre de nos jours le repos arresté; Soit que Phœbus, quittant les Palais de Noree, Peignnst an bord du Nil sa perruque dorer, Soit que par ses chevaux de peine appesantis,

3 PO 11 se fîst reporter dans le^ bras de Thetis.

Les courtisans «"uerriers, que le repos travaille, Souhaitoient sous ce Prince encore une bataille; Mais comme capitaine, il avoit tout domté. Et puis comme Monarque il s'estoit surmonté;

3o5 Si bien qu'on le nommoit, adorant sa vaillance, Roy des Roy s estrangers, et Père de la France.

(i) Tes portes. fMs. do MnnlWlinrd.)

L'Institution du Prince est considérée comme l'œuvre principale de Des Yvoteaux. Elle fut composée en i6o4 ; le Duc de Vendôme, fils aîné du Vert-Galant et de Gabrielle d'Estrées naquit en juin iSg/i au château de Coucy en Picardie, Il n'avait pas dix ans quand ce poème fut composé pour lui par son précepteur. Blanchemain lui attribua la date de Décembre i6o3 sans aucune preuve.

Cette poésie a été imprimée séparément :

Institution du Prince à Monseigneur le Duc de Vendosme. A Paris^ par la Veufve Mamert Pâtisson. Imprimeur du Roy. Avec permission. MDCIIII (i6o4). In-8°, 16 pages. Signé : Des Yveteaux (Bib. Nat., Ye 2661).

Cf. : T (pp. i4-i5). — P. (ff. /t7-02). Par Monsieur Desyvcteaux. — L (pp. 417-429), Par le sieur Desyveteaux. — Li, Par le sieur Desyveteaux. — H (p. 683-693), Par le sieur des Yveteaus. — Ms. Montbéliard (ff. i4-24.) — V (pp. 1-12).

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