‹ Œuvres complètes;Chapitre 30 sur 51 · Aymez, vous ferez beaucoup mieux · texte numérisé non relu

Aymez, vous ferez beaucoup mieux

Assez de terre se descouvre Par tous les environs du Louvre

27 Sans recourir à vos rigueurs,

Mais je vous tienderois plus sages De quitter vos plaisirs sauvages

v^o Et faire la guerre à nos coeurs.

Vos yeux mettent trop peu de gloire Au succès de vostre victoire;

83 Ne voulant blesser ny guérir,

On donne aux mineurs (?) de France (i) L'art de la plume et de la lance

36 Pour se pouvoir tout acquérir.

Car de tenter ceste advanture Sur le mignon de la Nature,

(i) Sans dont^ par »uite d'une faute du copiste, ce vers n'ayant que sept piedfi, «e trouve être faux.

l34 ŒUVRES DE DES YVETEAUX

39 II est trop bien aparanté;

11 faict peur au grand dieu de trace Et n'en est point de bonne race

42 Qui ne tienne de son costé.

Vous prennéz d'un estrange sorte Ce que le miroir vous apporte

45 Des effects de vostre beauté,

Et de ne point mettre en usage Le printemps de vostre visage,

t\S C'est estre sans avoir esté.

Vostre diane chaste et belle ' Peult seullement sentir pour elle

5i Le pouvoir d'Amour abbattu,

Car le Roy, dieu de sa pensée, Du Nil jusqu'à l'onde glaoée,

54 N'a rien d'esgal à sa vertu.

Cette poésio inédite se trouve au Ms. 53/i du Musée Condé, Chantilly. Bien n'en indique la date ni l'occasion. Elle est signée Des Yveteaux.

[Date douteuse]

A Mme DE SABLE Inédit.

Enfermé comme les grillons, Non pas comme ils sont en Espagne.

Te vous escrips de mes tisons, '; N'osant plus tenir la campagne.

Un petit vieillard comme moy A perruque et barbe tondue Ne doibt plus ailleurs que chez soy 8 Monstrer sa mine morfondue.

Encore que dans mon jardin On me fasse un peu bon visage, Je serois pourtant bien badin 12 D'en aller chercher dadvantage.

Le moings f riant de vos appas Vault mieux que tout l'or de Castille Mais je ne puis plus faire un pas i6 Ni sans brazier ni sans pastille.

Dès que le printemps reviendra, Que les plaines seront fleuries, Je fairai tout ce qu'on voudra :

90 J'iray jusques aux Canaries.

Mais quand je pourrois aspirer A baiser la Reyne Gilete, On ne m'oira plus souspirer 91 /i Hors de devant ma cassolete.

Ceux qui doublent souvent le Cap Et vont 011 le froid se mutine, Disent qu'on adore du drap, 28 Pour moy, je croy que c'est ratine.

Car j'en ay le cœur bien touché Et sans faire le magnifique, J'ayme un petit lieu bien bouché, 3r> Oij le vent perd sa rethorîque.

Me sentant bien moings affolé Dii Louvre que de ma Cabane, Ou d'un bon châssis bien colé 36 Qui se rit de la tramontane.

l36 ŒUVRES DE DES YVETEAUX

Vos yeux, astres des beaux esprits, Passent pour flambeaux de cest aage, Mais la martre et le petit gris 4o M'échauffent pourtant dadvantage.

Vos cheveux, les chaisnes des Roys, Plus pretieux que les couronnes Sont flammes d'or, mais sans le bois, 44 J'ay bien froid l'hyver et l'automne.

Aussy n'est-ce pas l'ornement De vos beautés qui me resveille, J'adore nostre jugement :

48 C'est de quoy je fais ma merveille.

C'est pourquoy je suis resoleu De ne point changer de pensée Que tous les quinze vingts n'aient su (lu?) ^9. La Franciade et l'Odyssée.

Quand j'aimerois mieux... (i) Que... (9) et que groseilles Vaudront mieux que les arbricots, 56 Je fairai des amours nouvelles.

Quand on verra dans l'Univers Un Roy qui soit esgal au nostre, Et qu'un païsan faira des vers, 60 Et les chartreux sans patenostre,

Je quitteroi vos cheveux blonds Ostant ma foy d'oii je l'ay mise, Et qu'on peschera des doublons 64 Dans la Soino on dans la Tamise.

(i) Le mot manque dans le ms.

(7) Mot illisible.

Ces stances, adressées à M™^ de Sablé, sont inédites. Elles sont tirées du Ms. fr. 892 (ff. 28-29) de la Bibliothèque Nationale; elles ont été imitées par Huet dans la pièce suivante, adressée à JVP® de Montespan :

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