RESPONSE
Non, ne vous imaginés pas Me payer d'une vaine excuse; Te ne sçay si j'ay des appas, fi Mais je hay fort qu'on me refuse.
Quoy, do fourrures tout armé, Lor?qnp pour vous la nappe est mise, Dans un lieu bien clos, bien fermé, 8 Près de moy, vous craignes la bise?
Vous vous remplirios comme un œuf D'une soupe bien mittonée, Et (d') un feu à rostir un boeuf T2 Seroit a moitié cheminée.
La, loin du mal que vous craignes, T>'on peut vivre auprès d'une dame, Mais le froid dont vous vous plaignes ïfi Xo se trouve que dan? vostre amo.
Voudrois-je mettre h l'abandon Vostre santé quT m'est si chère :
Vous sonvient-if! comme à Bourbon 20 Mon socoiir? vous fust salutaire?
POÉSIES i39
La, vous receviés de mes mains Fruicts, poix vers, articliaux, salades, Tandis que tous les médecins 2^ Les deffendoient a leurs malades.
Ce dont un autre fut crevé Hastavostre convalescence; De mes soins qui vous ont sauvé 28 Aurois-je ainsi la recompense?
Vous viendres, dit [es] vous^ me voir Au retour de la pomme verte; Et moy, je vous le fais savoir, 32 Fuyés à jamais ma collere.
• Ha! malgré moy mon oœur trop bon
Me parle de miséricorde; Si vous venés crier pardon, 86 Je crains bien qu'on ne vous l'accorde.
Les vers que vous m'avés escrits.
D'un stile galant et sublime Me font honneur, j'en sçay Ile prix, ko Et j'ordonne qu'on les imprime.
Ces deux pièces ont paru dans la Revue Rétrospective (T. L t833, p. i3i-i35). La première a pour titre : A Madame la Marquise de Montespan en réponse à une invûtatinn n dîner; elle est signée : Huet. La seconde, intitulée : Réponse, est signé» : Marquise de Montespan. L'éditeur les a accompagnées de cette note :
(( Nous donnons aujourd'hui des vers fort spirituels et quelquefois assez vifs du savant évoque d'AvraUches, Huet, plus renommé jusqu'ici par son culte à la scierice que par ses amours, L'Eglise gallicane, on lo voit, se donnait des Ilibertés.
La preruière et principale pièce est remarquable par son absence d'afféterie, par son naturel et par l'originalité de la pensée et de l'expression. Les mêmes qualités distinguent la T^épliqne de M™^ de Mnntespah qui n'avait figuré jusqu'ici dans le siècle de T.ouis XTV qu'à un titre tout
autre que celui de poète, et qui, on Be pourra voir, s'acquittait avec presque autant de grâce de ce dernier rôle que de l'emploi qu'ellle exerçait cumulativement (r). »
[Date douteuse]