‹ Œuvres complètes. Nouv. éd., accompagnée de notes tirées de tous les commentateurs, avec des remarques nouvelles par Félix Lemaistre précédés de la vie de Molière par VoltaireChapitre 12 sur 489 · SCÈNE IV. — EURYALE, ARBATE, MORON · texte numérisé non relu

SCÈNE IV. — EURYALE, ARBATE, MORON

MORON

Eh! a-t-on jamais vu de plus farouche esprit? De ce vilain sanglier l'heureux trépas Taigrit. Oh! comme volontiers j'aurois d'un beau salaire Récompensé tantôt qui m'en eût su défaire!

ARBATE, à Euryale.

Je vous vois tout pensif, seigneur, de ses dédains ; Mais ils n'ont rien qui doive empêcher vos desseins. Son heure doit venir; et c'est à vous, possible, Qu'est réservé Ihonneur de la rendre sensible.

MORON

Il faut qu'avant la course elle apprenne vos feux; Etje...

EURYALE

Non. Ce n'est plus, Moron, ce que je veux* Garde-toi de rien dire, et me laisse un peu faire ; J'ai résolu de prendre un chemin tout contraire. Je vois trop que son cœur s'obstine à dédaigner Tous ces profonds respects qui pensent la gagner; Et le dieu qui m'engage à soupirer pour elle M'inspire pour la vaincre une adresse nouvelle. Oui, c'est lui d'où me vient ce soudain mouvement, Et j'en attends de lui l'heureux événement.

ARBATE.

Peut-on savoir, seigneur, par où votre espérance...

EURYALE

Tu le vas voir. Allons, et garde le silence.

* Quand Moron cesse d'être en scène, la pièce redevient sérieuse, froide et guindée. (Auger.)

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