SCÈNE L — ÉLIANTE, PHILINTE
^ PmLINTE. •
Non, l'on n'a point vii d'âme à jngnier si dure, '^ ^"^^■"^'^^^'^T^TÏ'
Ni d'accojïiniodement plus pénible à conclure : )>A^-^rvvcuUôJA*>'
En vain de tous côtés on Ta voulu tourner,
Hors.de son sentiment on n'a pu l'entraîner •
Et jamais diQjérendsi bizarre, je pense, <1>>^^>»aX' ,
N'avoit de ces messieurs occupé la pri^^ence. o^^f*'^^*'^^
« Non, messieurs, disoit-il, je ne me dédis point,
« Et tomberai d'accord de tout, hors de ce point.-
« Y va-t-il de sa gloire à ne pas bien écrire?
De quoi s'offense-t-il? et que veut-il me dire? ^ uJO^
« Que lui fait mon avis, qu'il a pris de travers? ^■a/-*'**''''"J(P| « On peut être honnête homme, et faire mal des vers « Ce n'est point à l'honneur que touchent ces matières « Je lé tiens galant homme en toutes les manières.
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\ Fidèle de C in fidélité; ce jeu de mots a été justement désapprouvé par les critiques.
" Vers devenu proverbe.
« Homme de qualité, de mérite et de cœur, « Tout ce qu'il vous plaira, mais fort méchant auteur. ' }f.^tJui^ 2 * ''^ louerai, si Ton veut, son tpin et sa dépense,JÙt^tAC4^t^'*^'*'^ iio-^iÀi « Son adresse à cheval, aux armes, à la danse ;
I « Mais, pour louer" ses vers, je suis son serviteur; <i Et, lorsque d'en mieux faire on n'a ^as le bonheur, « On ne doit de rimer avoir aucune envie, « Qu'on n'y soit condamné sur peine de la vie. » Enfin, toute la grâ^e et l'accommodement jXbi^-Jfn^ ^ t^^-^c^^^^^ \)li s'est avec effort plié son sentiment, C'est de dire, croyant adoucir bien son style : « Monsieur, je suis fâché d'être si difficile ; « Et, pour l'amour de vous, je voudrois, de bon cœur, « Avoir trouvé tantôt votre sonnet meilleur. » Et dans une embrassade, on leur a, pour conclure, Fait vite envelopper toute la procédure.
ÉLIANTE
Dans ses façons d'agir il est fort singulier; ^j t kD^-*-^ ^
Mais j'en fais, je l'avoue, un cas particiUier;'"A>J^^^k^^
Et la sincérité dont son âme se pique "^ K*--'"''^
A quelque chose en soi de noble et d'héroïque ;
C'est une vertu rare au siècle d'aujourd'hui.
Et je la voudrois voir partout comme chez lui.
PHILINTE
Pour moi, plus je le vois, plus surtout je m'étonne De cette passion où son cœur s'abandonne. De l'humeur dont le ciel a voulu le former, Je ne sais pas comment il s'avise d'aimer ; Et je sais moins encor comment votre cousine Peut être la personne où son penchant l'incline -
ÉLIANTE
Cela fait assez voir que l'amour, dans les cœurs, ij
N'est pas toujours produit par un rapport d'humeurs; '^^^iy^r\*^^^^ Et toutes ces raisons de douces sympathies, Dans cet exemple-ci, se trouvent démenties.
PHILINTE
Mais croyez-vous qu'on l'aime, aux choses qu'on peut voir?
ÉLIAiNTE.
C'est un point qu'il n'est pas fort aisé de savoir. Comment pouvoir juger s'il est vrai qu'elle l'aime? Son cœur de ce qu'il sent n'est pas bien sûr lui-même; Il aime quelquefois sans qu'il le sache bien, j^ Et croit aimer aussi, parfois, qu'il n'en est rien.