‹ Œuvres complètes. Nouv. éd., accompagnée de notes tirées de tous les commentateurs, avec des remarques nouvelles par Félix Lemaistre précédés de la vie de Molière par VoltaireChapitre 167 sur 489 · ACTE V, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE I

Toute la bonne foi cède à sa trahison' Il trouve, en fti' égorgeant, moyen d'avoir raison? Le poids de sa griipace, où brille 1 artifice, cWjJ^vrvuJLpiAJ^ Renverse le bon droit et tourne la justice! «^ • • il fait par un arrêt- couronr^Pr snn %fpiU \ f^KJULcuuuui^ rfet, non content encor du tort que Toh me fait, "^

Il court parmi le monde un livreT^abominable,

Et de qui la lecture est même condarnnable,^^ k^^ uot il^fcw,^^,»^» Un livre à mçj^iter la derni(?re rigueur, Dont le fourbe a le front de me faire l'auteur! Et là-dessus on voit Oronte qui murmure, Et tâche méchamment d'ap^-er l'imposture! îu.AjfJ^sJHÀ^ Lui qui d'un honnête homme à la cour tient le rai^^, A qui je n'ai fait rien qu'être sincère et franc. Qui rpe vient malgré moi, d'une ardeur empressée^. Sur des vers qu'il a faits demafnder ma pengCL; Et parce que j'en use avec honnêteté ^■'*'^-*-ajL* )Os>rf>^ Et ne le veux trahir, lui, ni la vérité, 11 aide à m'accabler d'un crime iAiaginaire ! Le voilà devenu mon plus grand adversaire! Et jamais de son cœur je n'aurai de pardon. Pour n'avoir pas trouvé que son sonnet fût bon! Et les hommes, mcrbleu! sont faits de cette sorte.! C'est à ces actions que la gloire les porte! jij^^.^^^^^ W»WrMy Voilà la bonne foi, le zèle vertueux, ^ ^^^'^r^

La justice et l'honneur que l'on trouve cliez eux! Allons, c'est trop souffrir les chagrins qu'on nous lorM?;^ * î J i Tirons-nous de ce bois et de ce cou^e-i^oiige. OA<r- aX>s/> ^ -^MHLC Puisque entre humains ainsi vous vivez en \Tais loupu,; Traîtres, vous ne m'aurez de ma vie avec vous.

PlIILIXTE.

Je trouve un peu bien prompt le dessein OÙ VOUS êtes

Et tout le mal n'est pas si grand que vous le laites.

Ce que votre partie ose vous imputer

N'a point eu le crédit de vous faire arrêter;

On voit son faux rapport lui-même se détruire,

Et c'est une action qui pourroit bien lui nuire.

ALCESTE

Lui? de semblables tours il ne craint point Téclàt : H a permission d'être franc scélérat; Et, loin qu'à son crédit nuise cette aventure. On l'en verra demain en meilleure posture.

PniLIME.

Knfm il est constant qu'on n'a point trop donné

,aJa^^

Au bruit que contre vous sa malice a tourné :

De ce côté déjà vous n'avez rien à craindre;

Et pour votre procès, dont vous pouvez vous plaindre,.

Il vous est en justice aisé d'y revenir, xa-'^'j'h 4w*-^ ^t^ j

Et contre cet arrêt... ^<U^ »

ALCESTE ".-Va II % S X~

Non, je veux m'y tenir.-^*^^^ "iA tt^ /^S^ Quelque sensible tort qu'un tel arrêt me fasse, Je me garderai bien de vouloir qu'on le casse : A^rÇ^ J^^k OJ On y voit trop à plein le bon droit maltraité, Et je veux qu'il demeure à la postérité Comme une marqueiosigiie, un fameux témoignage De la méchanceté des hommes de notre âge. Ce sont vingt mille francs qu'il m'en pourra coûter; Mais pour vingt mille francs j'aurai droit de pester , Contre l'iniquité de la nature humaine.

Et de nourrir pour elle une immortelle haine ^

PHILINTE

Mais enfin...'

ALCESTE

Mais enfin, vos soins sont superflus.

Que pouvez-vous, monsieur, me dire là-dessus? Aurez-vous bien le front de me vouloir, en face, Excuser les horreurs de tout ce qui se passe? ,

PHILINTE

i\on, je tombe d'accord de tout ce qu'il vous plaît :

Tout marche par cabale et par pur intérêt ; >a^-|^U(^w1^

Ce n'est plus que laTuse aujourd'hui qui l'emporte,

Et les hommes devroient être taits d'autre sorte.

Mais est-ce une raison que leur peu d'équité,

Pour vouloir se tirer de leur société?

Tous ces défauts humains nous donnent, dans la vie,

Des moyens d'exercer notre philosophie :

C'est le plus bel emploi que trouve la vertu ;

Et, si de probité tout étoit revêtu,

Si tous les cœurs étoient francs, justes et dociles,

La plupart des vertus nous seroient inutiles.

Puisqu'on en met l'usage à pouvjbir sans ennui

Supporter dans nos droits l'injustice d'autrui ;

Et, de même qu'un cœur d'une vertu profonde...

ALCESTE

Je sais que vous parlez, monsieur, le mieux du monde, En beaux raisonnements vous abondez toujours; Mais vous perdez le temps et tous vos beaux discours.

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