‹ Œuvres complètes. Nouv. éd., accompagnée de notes tirées de tous les commentateurs, avec des remarques nouvelles par Félix Lemaistre précédés de la vie de Molière par VoltaireChapitre 175 sur 489 · SCÈNE Vffl. — ÉLIANTE, ALCESTE, PHILINTE · texte numérisé non relu

SCÈNE Vffl. — ÉLIANTE, ALCESTE, PHILINTE

ALCESTE, à Éliante.

Madame, cent vertus ornent votre beauté, Et je n'ai vu qu'en vous de la sincérité; De vous depuis longtemps je fais un cas extrême ; Mais laissez-moi toujours vous estimer de même, Et souffrez que mon cœur, dans ses troubles divers, Ne se présente point à Fhonneur de vos fers ; Je m'en sens trop indigne, et commence à connoître Que le ciel pour ce nœud ne m'avoit point fait naître, Que ce seroit pour vous un hommage trop bas, Que le rebut d'un cœur qui ne vous valoit pas; Et qu'enfin...

ÉLIANTE

Vous pouvez sui\Te celle pensée ; Ma main de se donner n'est pas embarrassée; Et voilà votre ami, sans trop m'inquiéter. Qui, si je l'en priois, la pourroit accepter.

PHILINTE. -

Ah! cet honneur, madame, est toute mon envie, Et j'y sacrifierois et mon sang et ma vie.

ALCESTE

Puissiez-vous, pour goûter de vrais contentements, L'un pour Vautre à jamais garder ces sentiments'

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