ACTE III, SCÈNE II
Sur l'esprit de Tartuffe elle a quelque crédit, Il se rend complaisant à tout ce qu'elle dit, Et pourroit bien avoir douceur de cœur pour elle. Plût à Dieu qu'il fût vrai! la chose seroit belle*. Enfin, votre intérêt l'oblige à le mander : Sur rhymen qui vous trouble elle veut le sonder, Savoir ses sentiments, et lui faire connoître Quels fâcheux démêlés il pourra faire naître, S il faut qu'à ce dessein il prête quelque espoir. Son valet dit qu'il prie, et je n'ai pu le voir; Mais ce valet m'a dit qu'il s'en alloit descendre. Sortez donc, je vous prie, et me laissez l'attendre
DAMIS
Je puis être présent à tout cet entretien.
DORINE
Point. Il faut qu'ils soient seuls.
/ DAMIS
Je ne lui dirai rien.
DORINE
Vous vous moquez : on sait vos transports ordinaires;
Et c'est le vrai moyen de gâter les affaires. •
Sortez.
DAMIS
-Non; je veux voir, sans me mettre en courroux.
DORINE
Que vous êtes fâcheux! Il vient. Retirez- vous.
Damis va se cacher dans un cabinet qui est au fond du théâtre.