ACTE V, SCENE VII
5Iais sans aveuglement il fait briller ce zèle,
Et l'amour pour les vrais ne lerme point son cœur
A tout ce que les faux doivent donner d'hoiTour.
Celui-ci n'éloit pas pour le pouvoir surprendre,
Et de pièges plus fins on le voit se défendre.
D'abord il a percé, par ses vives clartés,
Des replis de son cœur toutes les lâchetés.
Venant vous accuser, il s'est trahi lui-même,
Et, par un juste trait de Téquité suprême.
S'est découvert au prince un fourbe renommé,
Dont sous un autre nom il éloit informé;
Et c'est un long détail d'actions toutes noires
Dont on pourroit former des volumes d'histoires.
Ce monarque, en un raot^ a vers vous détesté
Sa lâche ingratitude et sa déloyauté ;
A ses autres horreurs il a joint cette suit€,
Et ne m'a jusqu'ici soumis à ga conduite
Que pour voir l'impudence aller jusques au botfl,
Et vous faire, par lui, faire raison de tout.
Oui, de tous vos papiers, dont il se dit le maître,
Il veut qu'entre vos mains je dépouille le traîlre.
D'un souverain pouvoir, il brise les liens
Du contrat qui lui fait un don de tous vos biens.
Et vous pardonne enfin cette offense secrète
Où vous a d'un ami fait tomber la retraite :
Et c'est le prix qu'il dorme au zèle qu'autrefois
On vous vit témoigner en appuyant ses droits.
Pour montrer que son cœur sait, quand moins on y pense.
D'une bonne action verser la récompense ;
Que jamais le mérite avec lui ne perd rien;
Et que, mieux que du mal, il se souvient du bien.
DDRINE.
Que le ciel soit loué!
mâdâhe pernelle.
Maintenant je respire.
E£»fUfi.
Favorable succès!
MABIANE.
Qui l'auroit osé dire?
ORGON, à Tartuffe, que l'exempt emmâns.
Eh bien, te voilà, traître!...
35Î AMPHITRYON
SCÈI^E Vm — MADAME PERISELLE, ORGON, ELMIRE, MARIANE, CLÉANTE, VALÈRE, DAMIS, DORINE
CLÉANTE
Ah! mon frère, arrêtez.
Et ne descendez point à des indignités. A son mauvais destin laissez un misérable, Et ne vous joignez point au remords qui l'accable. Souhaitez bien plutôt que son cœur, en ce jour, Au sein de la vertu fasse un heureux retour; Qu'il corrige sa vie en détestant son vice, Et puisse du grand prince adoucir la justice ; Tandis qu'à sa bonté vous irez, à genoux, Rendre ce que demande un traitement si doux.
Oui, c'est bien dit. Allons à ses pieds avec joie Nous louer des bontés que son cœur nous déploie ; Puis, acquittés un peu de ce premier devoir, Aux justes soins d'un autre il nous faudra pourvoir. Et par un doux hymen couronner en Valère La flamme d'un amant généreux et sincère.
AMPHITRYON
COMÉDIE EN TROIS ACTES