SCÈNE I. — SOSIE, sMl
Qui va là? Heu! ma peur à chaque pas s'accroîlî
Messieurs, ami de tout le monde.
Ah ! quelle audace sans seconde
De marcher à l'heure qu'il est !
Que mon maître, couvert de gloire,
Me joue ici d'un vilain tour!
Quoi ! si pour son prochain il avoit quelque amour, M auroit-il fait partir par une nuit si noire? Et, pour me renvoyer annoncer son retour
Et le détail de sa victoire, Ne pouvoit-il pas bien attendre qu'il fût jour?
Sosie, à quelle servitude
Tes jours sont-ils assujettis!
Notre sort est beaucoup plus rude
Chez les grands que chez les petits.
Ils veulent que pour eux tout soit, dans la nature, Obligé de s'immoler.
* Ce prologue est le seul qui soit resté au théâtre, non parce qu'il est le plui: ingénieux de tous, mais parce qu'il est le seul nécessaire. 'Auger.)