‹ Œuvres complètes. Nouv. éd., accompagnée de notes tirées de tous les commentateurs, avec des remarques nouvelles par Félix Lemaistre précédés de la vie de Molière par VoltaireChapitre 344 sur 489 · AMPHITRYON · texte numérisé non relu

AMPHITRYON

Se plaint ici mon amoureuse ardeur;

Et j'attendois de votre cœur D'autres transports de joie et de tendresse.

ALCMÈNE

J*ai peine à comprendre sur quoi Vous fondez les discours que je vous entends faire;

Et, si vous vous plaignez de moi,

Je ne sais pas, de bonne foi,

Ce qu'il faut pour vous satisfaire.

Hier au soir, ce me semble, à votre heureux retour. On me vit témoigner une joie assez tendre,

Et rendre aux soins de votre amour Tout ce que de mon cœur vous aviez lieu d'attendre.

AMPHITRYON

Comment?

ALCJIÈNE.

Ne fis-je pas éclater à vos yeux Les soudains mouvements d'une entière allégresse? Et le transport d'un cœur peut-il s'expliquer mieux, Au retour d'un époux qu'on aime avec tendresse?

AMPHITRYON

Que me dites-vous là?

ALCMÈNE

Que même votre amour Montra de mon accueil une joie incroyable; Et que, m'ayant quittée à la pointe du jour, Je ne vois pas qu'à ce soudain retour Ma surprise soit si coupable.

AMPHITRYON

Est-ce que du retour que j'ai précipité

Un songe, cette nuit, AIcmène, dans voti-e âme,

A prévenu la vérité?

Et que, m'ayant peut-être en dormant bien traité,

Votre cœur se croit vers ma flamme

Assez amplement acquitté^

ALCMÈNE

Est-ce qu'une vapeur, par sa malignité.

Amphitryon, a, dans votre âme, Du retour d'hier au soir brouillé la vérité? Et que du doux accueil duquel je m'acquittai

Votre cœur prétend à ma flamme

Ravir toute l'honnêteté?

AMPHITRYON

Cette vapeur, dont vous me régalez ,

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