‹ Œuvres complètes. Nouv. éd., accompagnée de notes tirées de tous les commentateurs, avec des remarques nouvelles par Félix Lemaistre précédés de la vie de Molière par VoltaireChapitre 353 sur 489 · AMPHITRYON · texte numérisé non relu

AMPHITRYON

ALCMÈNE

Non, avec Tauteur de ma peine Je ne puis du tout demeurer.

JUPITER

De grâce !

ALCMÊNB.

Laissez-moi.

JUPITER

Quoi!

ALCMÊNE.

Laissez-moi, vous dis-je.

JUPITER, bas, à part.

Ses pleurs touchent mon âme, et sa douleur m'afflige.

Haul.

Souffrez que mon cœur...

ALCMÈNE

Non, ne suivez point mes pas.

JUPITER

Où voulez- vous aller?

ALCMÈNE

Où VOUS ne serez pas.

JUPITER

Ce vous est une attente vaine. *

Je tiens à vos beautés par un nœud trop serré, Pour pouvoir un moment en être séparé.

Je vous suivrai partout, Alcmène.

ALCMÈNE

Et moi, partout je vous fuirai.

JUPITER

Je suis donc bien épouvantable!

ALCMÈNE

Plus qu'on ne peut dire, à mes yeux.

Oui, je vous vois comme un monstre effroyable. Un monstre cruel, furieux, Et dont l'approche est redoutable; Comme un monstre à fuir en tous lieux. Mon cœur souffre, à vous voir, une peine incroyable ; C'est un supplice qui m'accable ; Et je ne vois rien sous les cieux D'affreux, d'horrible, d'odieux, Qui ne me lût plus que vous supportable.

JUPITER

Envoilà bien, hélas ! que votm bouche dit.

Page 1