ACTE II, bCÈNE VI. 39ff
JUPITER
Plus on aime quelqu'un, moins on trouve dfe peine...
ALCMÈNE
Non, ne m'en parlez point ; vous méritez ma haine.
JUPITER
Vous me haïssez donc?
ALCMÈNE
J'y fais tout mon effort; Et j'ai dépit de voir que toute votre offense Ne puisse de mon cœur jusqu'à cette vengeance Faire encore aller le transport.
JUPITER
Mais pourquoi cette violence, Puisque, pour vous venger, je vous offre ma mort? Prononcez-en l'arrêt, et j'obéis sur l'heure.
ALCMÈNE
Qui ne sauroit haïr peut-il vouloir qu'on meure?
JUPITER
Et moi, je ne puis vivre, à moins qite vous quittiez
Cette colère qui m'accable, Et que vous m'accordiez le pardon favorable
Que je vous demande à vos pieds.
Sosie et Cléanthis se metleat aussi à genoux Résolvez ici l'un des deux.
Ou de punir, ou bien d'absoudre.
ALCMÈJSE.
Hélas ! ce que je puis résoudre Paroît bien plus que je ne veux.
Pour vouloir soutenir le courroux qu'on me donne, Mon cœur a trop su me traliir :
Dire qu'on ne sauroit haïr, N'est-ce pas dire qu'on pardonne?
JUPITER
Ah! belle Alcmène, il faut que, comblé d'allégresse...
ALCMÈNE
Laissez; je me veux mal de mon trop de foiblesse.
JUPITER
Va, Sosie, et dépêche-toi, Voir, dans les doux transports dont mon âme est channéCy Ce que tu trouveras d'officiers de l'armée. Et les invite à dîner avec moi.
Bas, à part.
Tandis que d'ici je le chasse, Mercure y remplira sa placer
*00 AMPHITRYON