‹ Œuvres complètes. Nouv. éd., accompagnée de notes tirées de tous les commentateurs, avec des remarques nouvelles par Félix Lemaistre précédés de la vie de Molière par VoltaireChapitre 36 sur 489 · SCÈNE VI. - LA PRINCESSE, MORON · texte numérisé non relu

SCÈNE VI. - LA PRINCESSE, MORON

MORON

Mais, madame, s'il vous aimoit, vous n'en voudriez point, et cependant vous ne voulez pas qu'il soit à une autre. C est laire justement comme le chien du jardinier *.

Non, je ne puis souffrir qu'il soit heureux avec une autre ; et, si la chose étoit, je crois que j'en mourrois de déplaisir.

MORON

Ma foi, madame, avouons la dette*. Vous voudriez qu'il fût à vous; et, dans toutes vos actions, il est aisé de voir que vous aimez un peu ce jeune prince.

Moi, je l'aime! 0 ciel! je l'aime! Avez- vous l'insolence de prononcer ces paroles? Sortez de ma vue, impudent, et ne vous présentez jamais devant moi!

MORa'T.

Madame...

Retirez-vous d'ici, vous dis-je, ou je vous en ferai retirer d'une autre manière!

MORON, bas, à part.

Ma foi, son cœur en a sa provision; et... (Il rencontre un regard de la princesse, qui 1" oblige à se retirer.)

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