‹ Œuvres complètes. Nouv. éd., accompagnée de notes tirées de tous les commentateurs, avec des remarques nouvelles par Félix Lemaistre précédés de la vie de Molière par VoltaireChapitre 361 sur 489 · SCÈNE IL — MERCURE, AMPHITRYON · texte numérisé non relu

SCÈNE IL — MERCURE, AMPHITRYON

MERCURE, sur le balcon de la maison d'Amphilryon, sans être vu ni entenda d'Amphitryon.

Comme l'amour ici ne m'offre aucun plaisir,

402 AMPHITRYON

Je m'en veux faire au moins qui soient d'autre nature,

Et je vais égayer mon sérieux loisir

A mettre Amphitryon hors de toute mesure.

Cela n'est pas d'un dieu bien plein de charité;

Mais aussi n'est-ce pas ce dont je m'inquiète ;

Et je me sens, par ma planète,

A la malice un peu porté.

AMPHITRYON

D'où vient donc qu'à cette heure on ferme cette porte?

MERCURE

Holà! tout doucement. Qui frappe?

AMPHITRYON, sans voir Mercure.

Moi.

MERCURE

Qui, moi?

AMPHITRYON, apercevant Mercure, qu'il prend pour Sosie. Ah! ouvre.

«ERCrEE.

Comment, ouvre! et qui donc es-tu, toi. Qui fais tant de vacarme et parles de la sorte?

AMPHITRYON

Quoi! tu ne me connois pas?

HERGDRE.

Noiî.

Et n'en ai pas la moindre envie.

AMPHITRYON, à part.

Tout le monde perd-il aujourd hui la radson? Est-ce un mal répandu? Sosie! holà. Sosie '

MERCURE

Eh bien, Sosie! oui, c'est mon nom, As-tu peur que je ne l'oublie?

AMPHITRYON

Me vois-tu bien?

MERCURE

Fort bien. Qui peut pousser ton bras A faire une rumeur si grande?

Et que demandes-tu là-bas?

AMPHITRYON

Moi, pendard! ce que je demande?

MERCURE

Que ne demandes-tu donc pas?

Parle, si tu veux qu'on t'entende.

Attends, traître : avec un bâton

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