SCÈNE IL — MERCURE, AMPHITRYON
MERCURE, sur le balcon de la maison d'Amphilryon, sans être vu ni entenda d'Amphitryon.
Comme l'amour ici ne m'offre aucun plaisir,
402 AMPHITRYON
Je m'en veux faire au moins qui soient d'autre nature,
Et je vais égayer mon sérieux loisir
A mettre Amphitryon hors de toute mesure.
Cela n'est pas d'un dieu bien plein de charité;
Mais aussi n'est-ce pas ce dont je m'inquiète ;
Et je me sens, par ma planète,
A la malice un peu porté.
AMPHITRYON
D'où vient donc qu'à cette heure on ferme cette porte?
MERCURE
Holà! tout doucement. Qui frappe?
AMPHITRYON, sans voir Mercure.
Moi.
MERCURE
Qui, moi?
AMPHITRYON, apercevant Mercure, qu'il prend pour Sosie. Ah! ouvre.
«ERCrEE.
Comment, ouvre! et qui donc es-tu, toi. Qui fais tant de vacarme et parles de la sorte?
AMPHITRYON
Quoi! tu ne me connois pas?
HERGDRE.
Noiî.
Et n'en ai pas la moindre envie.
AMPHITRYON, à part.
Tout le monde perd-il aujourd hui la radson? Est-ce un mal répandu? Sosie! holà. Sosie '
MERCURE
Eh bien, Sosie! oui, c'est mon nom, As-tu peur que je ne l'oublie?
AMPHITRYON
Me vois-tu bien?
MERCURE
Fort bien. Qui peut pousser ton bras A faire une rumeur si grande?
Et que demandes-tu là-bas?
AMPHITRYON
Moi, pendard! ce que je demande?
MERCURE
Que ne demandes-tu donc pas?
Parle, si tu veux qu'on t'entende.
Attends, traître : avec un bâton