‹ Œuvres complètes. Nouv. éd., accompagnée de notes tirées de tous les commentateurs, avec des remarques nouvelles par Félix Lemaistre précédés de la vie de Molière par VoltaireChapitre 364 sur 489 · SCÈNE IV. — AMPHITRYON, SOSIE; NAUCRATÊS et POLIDAS · texte numérisé non relu

SCÈNE IV. — AMPHITRYON, SOSIE; NAUCRATÊS et POLIDAS

dans le fond du théâtre.

SOSIE, à Amphitryon.

Monsieur, avec mes soins, tout ce que j'ai pu l'aire, C'est de vous amener ces messieurs que voici.

AMPHITRYON

Ahl vous voilà!

SOSIE

Monsieur !

AMPiniRYON.

Insolent! téméraire!

SOSIE

Quoi?

AMPHITRYON

Je VOUS apprendrai de me traiter ainsi !

SOSIE

Qu'est-ce donc? qu'avez- vous?

AMPHITRYON, mettant l'épée à la main.

Ce que j'ai, misérable^

SOSIE, à Naucralès et à Polidas.

Ilolà, messieurs! venez donc tôt.

NAUCKATÈS, à Amphitryon.

Ah ! de grâce, arrêtez !

SOSIE

De quoi suis-je coupable?

AMPHITRYON

Tu me le demandes, maraud!

A Naucralès.

Laissez-moi satisfaire un courroux légitime.

SOSIE

Lorsque l'on pend quelqu'un, on lui dit pourquoi c'est.

NAUCRATÊS, à Amphitryon.

Daignez nous dire au moins quel peut être son crime.

SOSIE

Messieurs, tenez bon, s'il vous plaît.

AMPHITRYON

Comment ! il vient d'avoir l'audace De me fermer la porte au nez, Et de joindre encor la menace A mille propos effrénés!

AMPHITHYOX

Voulant le frapper.

Ah! coquin'

SOSIE, tombant à genoux.

Je suis mort '

NitnCRàTÈS, à Amphitryon.

Calmez cette colère.

SOSIE

Messieurs!

POLIDAS, à Sosie.

Qu'est-ce?

SOSIE

M'a-t-il frappé?

AMPHITRYON

Non, il faut qu'il ait le salaire Des mots où tout à l'heure il s'est émancipé.

Comment cela se peut-il faire, Si j'étois par votre ordre autre part occupé? Ces messieurs sont ici pour rendre témoignage Qu'à dîner avec vous je les viens d'inviter.

NAUCRATÈS

Il est vrai qu'il nous vient de faire ce message, Et n'a point voulu nous quitter. *

AMPHITRYON

Qui t'a donné cet ordre?

Vous

AMPinTRYON.

Et quand?

SOSIE

Après votre paix faite, Au milieu des transports d'une âme satisfaite D'avoir d'Alcmène apaisé le courroux.

Sosie se relève.

AWPffrrRYON.

0 ciel! chaque instant, chaque pas, Ajoute quelque chose à mon cruel martyre; Et, dans ce fatal embarras, Je ne sais plus que croire ni que dire.

NAUCRATÈS

Tout ce que de chez vous il vient de nous conter

Surpasse si fort la nature, Qu'avant que de rien faire et de vous emporter, Vous devez éclaircir tûuU cette aventure.

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