‹ Œuvres complètes. Nouv. éd., accompagnée de notes tirées de tous les commentateurs, avec des remarques nouvelles par Félix Lemaistre précédés de la vie de Molière par VoltaireChapitre 371 sur 489 · SCÈNE VIII. -- AMPHITRYON, ARGATIPIÎONTIDAS, PAUSICLÈS · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII. -- AMPHITRYON, ARGATIPIÎONTIDAS, PAUSICLÈS

SOSIE, dans un coin du Uiéûtre, sans être aperçu.

AMPHITRYON, à plusieurs autres officiers qui l'accompagnent. Arrêtez là, messieurs; suivez-nous d'un peu loin. Et n'avancez tous, je vous prie, Que quand il en sera besoin.

PAUSICLÈS.

Je comprends que ce coup doit fort toucher votre âme.

AMPHITRYON

Ah! de tous les côtés mortelle est ma douleur, Et je souffre pour ma flamme Autant que pour mon honneur.

PAUSICLÈS.

Si cette ressemblance est telle que l'on dit, Alcmène, sans être coupable...

AMPHITRYON

Ah ! sur le fait dont il s'agit L'erreur simple devient un crime véritable,

414 AMPllITRYOiS.

Et sans consentement Tinnocence y périt. De semblables erreurs, quelque jour qu'on leur donne, Touchent les endroits délicats ; Et la raison bien souvent les pardonne, Que riionneur et l'amour ne les pardonnent pas.

ARGATIPIIONTIDAS.

Je n'embarrasse point là dedans ma pensée : Mais je hais vos messieurs de leurs honteux délais; Et c'est un procédé dont j'ai rame blessée. Et que les gens de cœur n'approuveront jamais. Quand quelqu'un nous emploie, on doit, tète baissée,

Se jeter dans ses intérêfts.

Argatiphontidas ne va point aux accords. Écouter d'un ami raisonner l'adversaire, Pour des hommes d'honneur n'est point un coup à faire; Il ne faut écouler que la vengeance alors.

Le procès ne me sauroit plaire, Et l'on doit commencer toujours, dans ses transports,

Par donner, sans autre mystère, •

De l'épée au travers du corps.

. Oui, vous verrez, quoi qu'il adviemie,

Qu'Argatiphontidas marche droit sur ce point;

Et de vous il faut que j'obtienne

Que le pendard ne meure point

D'une autre main que de la mienne.

AMPHITEYON.

Allons.

SOSIE, à Amphitryon.

Je viens, monsieur, subir, à deux genoux. Le juste châtiment d'une audace maudite. Frappez, battez, chargez, accablez-moi de coups,

Tuez-moi dans votre courroux.

Vous ferez bien, je le mérite ; Et je n'en dirai pas un seul mot contre vous.

AMPUITRYON.

Lève-toi. Que fait-on?

SOSIE

L'on m'a chassé tout net; Et, croyant à manger m'aller comme eux ébattre,

Je ne songeois pas qu'en effet

Je m'altendois là pour me battre.

Oui, l'autre moi, valet de l'auti e vous, a fait

Tout de nouveau le diable à quatre.

La rigueur d'un pareil destin,

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