SCÈNE m. — GEORGE DANDIN, seul
y^ Eh bien, George Dandin, vous voyez de quel air votre femme vous A*^ |l' traite 1 Voilà ce que c'est d'avoir voulu épouser une demoiselle ! L'on vous accommode de toutes pièces, sans que vous puissiez vous venjrer; et la gentilhommerie vous tient les bras lié*. L'égalité de condilion laisse du moins à l'honneur d'un mari la liberté de ressentiment ; et, si c'étoit une paysanne, vous auriez maintenant toutes vos coudées franches à vous en faire la justice à bons coups de bâton Mais vous avez voulu tâter de la noblesse; et il vous ennuyoit d'être maître chez vous. Ah ! j'enrage de tout mon cœur, et je me donnerois volontiers des soufflets. Quoi! écouter impudemment l'amour d'un damoiseau, et y promettre en même temps de la correspondance ! Morbleu ! je ne veux point laisser passer une occasion de la sorte. Il me faut, de ce pas, aller faire mes plaintes au père et à la mère, et les rendre témoins, à telle fin que de raison, des sujets de chagrin et de ressentiment que leur fille me donne. Mais les voici l'un et l'autre fort à propos.
SCÈNE IV. - MONSIEUR DE SOTENVILLE, MADAME DE SOTENVILLE, GEORGE DANDIN.
MONSIEUR DE SOTENVILLE.
Qu'est-ce, mon gendre? vous me paroissez tout troublé.
• La ressemblance de VÈcole des Femmes et de George Dandin a frappé tous les commentateurs. George Dandin est toujours averti des infidélités de salemme, comme Arnolplie des ruses d'Agnès; et cependant ni l'un ni l'autre ne peuvent réussir à surprendre les coupables. (Aimé Martin^
ACTEI SCÈNE IV. 425
GEORGE DANDW,
AUSSI en ai-je du sujet; et...