‹ Œuvres complètes. Nouv. éd., accompagnée de notes tirées de tous les commentateurs, avec des remarques nouvelles par Félix Lemaistre précédés de la vie de Molière par VoltaireChapitre 377 sur 489 · ACTE I, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE II

LUBIN

Si vous alliez dire que vous m'avez vu sortir de chez lui, vous gèleriez toute l'affaire. Vous comprenez bien?

GEORGE DANDIN

Assurément. Et comment nommez-vous celui qui vous a envoyé là dedans?

Cest le seigneur de notre pays, monsieur le vicomte de chose... Fjûiii 1 je ne me souviens jamais comment diantre ils baragouinent ce nom-là. Monsieur Cli... Clitandre.

GEORGE DANDIN

Est-ce ce jeune courtisan qui demeure...

LUBIN

Oui ; auprès de ces arbres.

GEORGE DANDIN, à pari.

, C'est pour cela que depuis peu ce damoiseau poli s*est venu loger contre moi. J'avois bon nez, sans doute; et son voisinage déjà m'avoit donné quelque soupçon.

^j la- LUBIN.

Xéligué! c'est le plus honnête homme que vous ayez jamais vu. Il m'a donné trois pièces d'or pour aller dire seulement à la femme qu'il est amoureux d'elle, et qu'il souhaite fort l'honneur de pouvoir lui parler. Voyez s'il y a là une grande fatigue, pour me payer si bien; et ce qu'est, au prii.4® cela, upejorn-née, de travail, où je ne gagne ' que dix sous! . .^ j ' 1 - / -

<;K0RGE DANDIN.

Eh bien, avez- vous tait votre message?

LUBIN

Oui. J'ai trouvé là dedans une certaine Claudine, qui, tout du premier coup, a compris ce que je voulois, et qui m'a fait parler à sa maîtresse.

GEORGE DANDIN, à part.

Ah ! coquine de servante !

LUBIN

Morguienne! cette Claudine-là est tout à fait jolie : elle a gagné mon amitieT'et il ne tiendra qu'à elle que nous soyons mariés ensemble.

GEORGE DANDIN

Mais quelle réponse a faite la maîtresse à ce monsieur le courtisan ?

LUBIN

Elle m'a dit de lui dire... attendez, je ne sais si je me souviendrai bien de tout cela... qu'elle hri est tout à fait obligée de Taffection qu'd ^ a pour elle, et qu'a cause de son mari, qui est fantasque, il garde den l/vc 4oJ<. rien faire pai oîtie, et qu'il faudra songer à chercher quelque invention pour se pouvoir entretenir tous deux. 4 J f .

422 GEORGE DANDIK

GEORGE DANDIN, à part.

Ahi pendarde de femme * !

LUBIÎf.

Tétiguienne ! cela sera drôle ; car le mari ne se doutera point de la manigance : voilà ce qui est de bon, et il aura un pied de nez awôc sa jalousie. Est-ce pas? . <- ^ ^. v^ ^ , -^ *• i>

GEOME DANDIN. * '

Cela est yrai.

LUW».

Adieu. Bouche cousue, au moins. Gardez biea Ifi. secaret, afin que le mari ne le sache pas-

GEOIiGE DÂNDIN.

Oui, oui.

LDBIN. ei#«*^

Pour moi, je vais faire semblant de rien. Je suis un fii^ matois, et l'on ne diroit pas que j'y touche. . ..^ '.^ v.,,.^^ w^i'v^ R<1 i.

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