SCENE III. - CLITANDRE, ANGÉLIQUE, GEORGE DANDIN
CLITANDRE, à part, dans le fond du Ihéâlre. Ah! la voilà; mais le mari est avec elle.
GEORGE DANDIN, sans voir Glitandre.
Au travers de toutes vos grimaces j'ai vu la vérité de ce que Ton m'a dit, et le peu de respect que vous ave2>pour le nœud qui nous joint. (Glitandre et Angélique se saluent.) Mon Dieu! laissez là votre révérence; ce n est pas de ces sortes de respect dont je vous parle, et vous n'avez que faire de vous moquer.
ANGÉLIQUE
Moi, me moquer! en aucune façon.
GEORGE DANDIN
Je sais votre pensée, et connois.. (Glitandre et Angélique se saluent encore.) Encore! Ah! ne raillons point davantage. Je n'ignore pas qu'à cause de votre noblesse vous me tenez fort au-dessous de vous, et le respect que je vous veux dire ne regarde point ma personne; j'entends parler de celui que vous devez à des nœuds aussi vénérables que le sont ceux du mariage. (Angélique fait signe à Glitandre.) 11 ne faut point lever les épaules, et je ne dis point de sottises.
ANGÉLIQUE
Qui songe à lever les épaules?
GEORGE DANDIN
Mon Dieu! nous voyons clair. Je vous dis, encore une fois, que le mariage est une chaîne à laquelle on doit porter toute sorte de respect ; et que c'est fort mal lait à vous d'en user comme vous laites.
(Angélique f it siP.ne de la tête à Glitandre.) Oui, OUi, mal fait à VOUS; et
vous n'avez que faire de hocher la tête et de me faire la grimace.