SCÈNE VI. — CLITANDRE, LUBIN, CLAUDINE
CLAUDINE
Vraiment, monsieur, vous avez pris là un habile messager!.
CLITANDRE
Je n'ai pas osé envoyer de mes gens ; mais, ma pauvre Claudine, il i faut que je te récompense des bons offices que je sais que tu m'as [ rendus, (ll fouille dans sa poche.)
CLAUDINE
Eh ! monsieur, il n'est pas nécessaire. Non, monsieur, vous n'avez que faire de vous donner cette peine-là ; et je vous rends service parce que vous le méritez, et que je me sens au cœur de l'inclination pour vous.
CLITANDRE, donnant de l'argent à Claudine.
Je te suis obligé.
LUBIN, à Claudine.
Puisque nous serons mariés, donne-moi cela, que je le mette avec e mien.
CLAUDINE
Je te le garde, aussi bien que le baiser.
CLITANDRE, à Claudine.
Dis-moi, as-tu rendu mon billet à ta belle maîtresse?
CLAUDINE
Oui. Elle est allée y répondre.
CLITANDRE
Mais, Claudine, n'y a-l-il pas moyen que je la puisse entretenir?
CLAUDINE
Oui : vepez avec moi, je vous ferai parler à elle.
•*n GEORGE DANDIS.
CLITANDRE
Mais le trouvera-t-elle bon? et n'y a-t-il rien à risque
CLAUDINE
Non, non. Son mari n'est pas au logis; et puis, ce n'est pas lui qu'elle a le plus à ménager ; c'est son père et sa mère ; et, pourvu qu'ils soient prévenus S tout le reste n'est point à craindre.
CLIIANDIIE.
Je m'abandonne à ta conduite.
LUBIN, seul.
Tétiguenne! que j'aurai là une habile femme! Elle a de l'esprit comme quatre.