‹ Œuvres complètes. Nouv. éd., accompagnée de notes tirées de tous les commentateurs, avec des remarques nouvelles par Félix Lemaistre précédés de la vie de Molière par VoltaireChapitre 403 sur 489 · MONSIEUR DE SOTEN VILLE · texte numérisé non relu

MONSIEUR DE SOTEN VILLE

Bîon gendre, que vous devez être ravi ! et que cette aventure est pour vous pleine de douceurs! Vous aviez un juste su^et de vous alarmer; mais vos soupçons se trouvent dissipés le plus avantageusement du monde.

MADAME DE SOTENVILLE.

Sans doute, notre gendre, et vous devez maintenant être le plus content des hommes.

CLAUDINE

Assurément. Voilà une femme, celle-là ! Vous êtes trop heureux de favoir, et vous devriez baiser les pas où elle passe.

GEORGE DANDIN, à part.

Euh, traîtresse!

MONSIEUR DE SOTENVILLE.

Qu est-ce, mon gendre? Que ne remerciez-vous un peu votre femme de Tamitié que vous voyez qu'elle montre pour vous?

ANGÉLIQUE

Non, non, mon père; il n'est pas nécessaire. Il ne m'a aucune obligation de ce qu'il vient de voir ; et tout ce que j'en fais n'est que pour l'amour de moi-même.

MONSIEUR DE SOTENVILLE.

Où allez-vous, ma fille?

ANGÉLIQUE

Je me retire, mon père, pour ne me voir point obligée de recevoir ses compliments.

CLAUDINE, à George Dandin.

Elle a raison d'être en colère. C'est une femme qui mérite d'être adorée, et vous ne la traitez pas comme vous devriez.

GEORGE DANDIN, à part.

Scélérate!

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