ACTE III, SCÈN£ lY
plaisamment attrapé; et je trouve ceci aussi di'ôle que les coups de bâton (le tantôt, dont on m'a fait récit. Ta maiiresse dit qu'il ronfle, à cette heure, comme tous les dianlres; et il ne sait pas que monsieur le vicomte et elle sont ensemble pendant qu'il dort. Je voudrois bien savoir quel songe il fait maintenant. Cela est tout à lait risible. De quoi s'avise-t-il aussi, d'être jaloux de sa femme, et de vouloir qu'elle soit à lui tout seul? C'est un impertinent, et monsieur le vicomte lui fait trop d'honneur. Tu ne dis mot, Claudine? Allons, suivons-les; et • me donne ta petite menotte, que je la baise. Ah! que cela est doux! A^^ 11 me semble que je manège des confitures. (A George Dandin, qu'il prend "^-*'-^
toujours pour Claudine, et qui le repousse rudement.) Tudieu! COmme VOUS
y allez! voilà une petite menotte qui est un peu bien rude.
GEORGE DANDIN
Qui va là?
LUBIN
Personne.
Il fuit, et me laisse informé de la nouvelle perfidie de ma coquine Allons, il faut que, sans tarder, j envoie appeler son père et sa mère et que cette aventure me serve à me faire séparer d'elle. Holà! Colin! Colm!
SCÈNE IV. — ANGÉLIQUE, CLITANDRE, CLAUDINE, LUBIN, assis au foùd du théâtre; GEORGE DANDIN, œiJN.
COLIN, à la fenêtre.
Monsieur?
GEORGE DANDIN
Allons, vite ici-bas.
COLIN, sautant par la fenclra^ M'y voilà, on ne peut pas plus vite.
GEORGE DANDIN
Tu es là?
COLIN
Oui, monsieur. (Pendant que George Dandia va chercher Colin du côté où il a entendu sa voix, Colin passe de l'autre, et s'endort.;
GEORGE DANDIN, se tournant du côté où il croit qu'est Colin.
Doucement. Parle bas. Écoule. Va-t'en chez mon beau-père et ma belîe-mère, et dis que je les prie très-instamment de venir tout à l'heure ici. Entends-tu? lié! Colin 1 Cohn!
COLIN, de l'autre côté, se réveillant.
Monsieur*^
GEORGE DANDIN
OÙ diable es-tu?
450 GEORGE DANDIN
COLIN
' Peste soil du maroufle, qui s'éloigne de moi! (Pendant que George
Dandia retourne du côté où il croil que Colin est resté, Colin, à moitié endormi,
passe de l'autre côté, et se rendort.) Je le dis que tu ailles de ce pas trouver mon beau-père et ma belle-mère, et leur dire que je les conjure de se rendi-e ici tout à Tlieure. M' en tends- tu bien? Réponds. Colin' Coliii!
COLIN, de l'autre côté, se réveillant.
Monsieur?
GEORGE DANDIN
Voilà un pendard qui me fera enrager. Viens-t'en à moi. (Us se rencontrent, et tombent tous deux.) Ah! le traître! il m'a estropié! Où est-ce que tu es? Approche, que je te donne mille coups. Je pense qu'il me fuit.
COLIN
Assurément.
Yeux-tu venir?
Kenni, ma foi.
Viens, te dis-je..
GEORGE DANDIK.
COLIN
GEORGE DANDDT.
COLIN
Point. Vous me voulez battre.
GEORGE DANDIK,
Eh bien, non, je ne te ferai rien.