ACTE V, SCÈNE IV
jebrûloto crans rame, quand je vous déguisois mes sentiments; et jamais cœur n"a souffert une conlrainle égale à la mienne. Que si celte feinte, madîime, a quelque chose qui vous offense, je suis tout prêt de mourir pour vous en venger; vous navez qu'à parler, et ma main sur-le-champ fera gloire d exécuter 1 arrêt que vous prononcerez.
Non, non, prince, je ne vous sais pas mauvais gré de m'avoir abusée; et tout ce que vous m'avez dit, je l'aime bien mieux une feinte que non pas une vérité.
IPHITAS.
Si bien donc, ma fille, que tu veux bien accepter ce prince pour époux ?
Seigneur, je ne sais pas encore ce que je veux. Donnez-moi le temps d'y songer, je vous prie, et m épargnez un peu la confusion où je suis.
IPIUTAS.
, Vous jugez, prince, ce que cela veut dire, et vous pouvez fonder là-
d.ssus.
EURYALE
Je l'attendrai tant qu'il vous plaira, madame, cet arrêt de ma destinée; et, s'il me condamne à la mort, je le suivrai sans murmure.
IPIUTAS.
Viens, Moron. C'est ici un jour de paix, et je te remets en grâce avec
MOUON.
Seigneur, je serai meilleur courtisan une autre fois, et je me garderai bien de dire ce que je pense.
SCÈNE m. — ARÏSTOMÈNE, TIIÉOCLE, IPHITAS. LA PRINCESSE, EURYALE, AGLANTE, CYNTHÏE, MORON.
IPHITAS, aux princes de Messène et de Pyle.
Je crains bien, princes, que le choix de ma fille ne soit pas en votre faveur; mais voilà deux princesses qui peuvent bien vous consoler de ce petit malheur.
ARÏSTOMÈNE.
Seigneur, nous savons prendre notre parti ; et, si ces aimables princesses n'ont point trop de mépris pour des cœurs qu'on a rebutés, nous pouvons revenir par elles à l'honneur de votre alliance.
SCÈNE IV. — IPHITAS, LA PRINCESSE, AGLANTE, CYNTIIIE, PUILIS, EURYALE, ARISTOMÈNE, THÉOCLE, WORON.
PHlLlS, à Ipliilas.
Seigneur, la déesse \énus vient d'annoncer partout le changement
du cœur de la princesse Tous les pasteurs et toutes les bergères en témoignent leur joie par des danses et des chansons; et, si ce n'est point un spectacle que vous méprisiez vous allez voir Tallégresse publique se répandre jusques ici *.