‹ Œuvres complètes. Nouv. éd., accompagnée de notes tirées de tous les commentateurs, avec des remarques nouvelles par Félix Lemaistre précédés de la vie de Molière par VoltaireChapitre 459 sur 489 · ACTE III, SCENE XI · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE XI

HARPAGON

Vous voyez qu'elle est grande; mais mauvaise herbe croît toujours.

MARIANE, bas, à Frosine.

Oh! rhomme déplaisant!

HARPAGON, bas, 'à Frosine.

Que dit la belle?

FROSINE

Qu'elle vous trouve admirable.

HARPAGON

C'est trop d'honneur que vous me faites, adorable mignonne.

MARIANE, à part.

Quel animal * !

Je vous suis trop obligé de ces sentiments.

MARIANE, à part.

Je n'y puis plus tenir.

SCÈNE XI. — HARPAGON, MARIANE, ÉLISE, CLÉANTE, YALÈRE, FROSINE, BRINDAVOINE.

HARPAGON

Voici mon fils aussi, qui vous vient faire la révérence. MARIANE, bas, à Frosine.

Ah! Frosine, quelle rencontre! C'est justement celui dont je t'ai parlé.

FROSINE, à Mariane.

L'aventure est merveilleuse.

HARPAGON

Je vois que vous vous étonnez de me voir de si grands enfants; mais je serai bientôt défait et de l'un et de l'autre. CLÉANTE, à Mariane.

Madame, à vous dire le vrai, c'est ici une aventure où, sans doute, je ne m'attendois pas ; et mon père ne m'a pas peu surpris lorsqu'il m'a dit tantôt le dessein qu'il avoit formé.

MARIANE

Je puis dire la même chose. C'est une rencontre imprévue qui m'a surprise autant que vous; et je n'étois point préparée à une pareille avenlure.

CLÉANTE

Il est vrai que mon père, madame, ne peut pas faire un plus beau choix, et que ce m'est une sensible joie que l'honneur de vous voir; mais, avec tout cela, je ne vous assurerai pas que je me réjouis du

* Le mot n'est-il pas un peu vif, un peu cru^ dans la bouche d'une joune fille bien élevée? (Auger.)

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