ACTE V, SCENE III
trempé dans ce crime. Mais je veux'^:ûic mon affaire, et que tu me confesses en quel endroit tu me Tas enlevée.
VALKRE.
Moi? je ne Tai point enlevée; et elle est encore chez vous.
HARPAGON, à part.
0 ma chère cassette! (Haut.) Elle n'est point sortie de ma maison^
VALÈRE
Non, monsieur.
HARPAGON
Eh! dis-moi donc un peu : tu n'y as point touché?
VALÈRE
Moi y toucher ! Ah I vous lui faites tort, aussi bien qu'à moi ; et c'est d'une ardeur toute pure et respectueuse que j'ai brûlé pour elle.
HARPAGON, à part.
Brûlé pour ma cassette!
VALÈRE
J'aimerois mieux mourir que de lui avoir fait paroître aucune pensée offensante : elle est trop sage et trop honnête pour cela. HARPAGON, à part.
Ma cassette trop honnête !
VALÈRE
Tous mes désirs se sont bornés à jouir de sa vue ; et rien de criminel n'a profané la passion que ses beaux yeux m'ont inspirée.
HARPAGON, à part.
Les beaux yeux de ma cassette! Il parle d'elle comme un amant dune maîtresse.
Dame Claude, monsieur, sait la vérité de cette aventure ; et elle peut vous rendre témoignage.
HARPAGON
Quoi ! ma servante est complice de l'affaire^
VALÈRE
Oui, monsieur : elle a été témoin de notre engagement; et c'est après avoir connu l'honnêteté de ma flamme quelle m'a aidé à persuader votre fille de me donner sa foi et recevoir la mienne.
HARPAGON, à part. ^^ , V-
Eh ! est-ce que la peur de la justice le fait extravaguer ? (A Vaière.) Que nous brouilles-tu ici de ma fille?
VALÈRE
Je dis, monsieur, que j'ai eu toutes les peines du monde à faire consentir sa pudeur à ce que vouloit mon amour.
HARPAGON
La pudeur de qui?