‹ Œuvres complètes. Nouv. éd., accompagnée de notes tirées de tous les commentateurs, avec des remarques nouvelles par Félix Lemaistre précédés de la vie de Molière par VoltaireChapitre 483 sur 489 · ACTE V, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE III

trempé dans ce crime. Mais je veux'^:ûic mon affaire, et que tu me confesses en quel endroit tu me Tas enlevée.

VALKRE.

Moi? je ne Tai point enlevée; et elle est encore chez vous.

HARPAGON, à part.

0 ma chère cassette! (Haut.) Elle n'est point sortie de ma maison^

VALÈRE

Non, monsieur.

HARPAGON

Eh! dis-moi donc un peu : tu n'y as point touché?

VALÈRE

Moi y toucher ! Ah I vous lui faites tort, aussi bien qu'à moi ; et c'est d'une ardeur toute pure et respectueuse que j'ai brûlé pour elle.

HARPAGON, à part.

Brûlé pour ma cassette!

VALÈRE

J'aimerois mieux mourir que de lui avoir fait paroître aucune pensée offensante : elle est trop sage et trop honnête pour cela. HARPAGON, à part.

Ma cassette trop honnête !

VALÈRE

Tous mes désirs se sont bornés à jouir de sa vue ; et rien de criminel n'a profané la passion que ses beaux yeux m'ont inspirée.

HARPAGON, à part.

Les beaux yeux de ma cassette! Il parle d'elle comme un amant dune maîtresse.

Dame Claude, monsieur, sait la vérité de cette aventure ; et elle peut vous rendre témoignage.

HARPAGON

Quoi ! ma servante est complice de l'affaire^

VALÈRE

Oui, monsieur : elle a été témoin de notre engagement; et c'est après avoir connu l'honnêteté de ma flamme quelle m'a aidé à persuader votre fille de me donner sa foi et recevoir la mienne.

HARPAGON, à part. ^^ , V-

Eh ! est-ce que la peur de la justice le fait extravaguer ? (A Vaière.) Que nous brouilles-tu ici de ma fille?

VALÈRE

Je dis, monsieur, que j'ai eu toutes les peines du monde à faire consentir sa pudeur à ce que vouloit mon amour.

HARPAGON

La pudeur de qui?

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