ACTE I, SCÈNE II
Et, si de ces fiertés Timpérieux caprice Ne vous fait éprouver un destin plus propice, Au moins est-ce un bonheur, en ces extrémités, Que de voir avec soi ses rivaux rebutés.
EUUYALE.
J'aime à te voir presser cet aveu de ma flamme: Combattant mes raisons, tu chatouilles mon âme; Et, par ce que j'ai dit, js voulois pressentir Si de ce que j'ai fait tu pourrois m'applaudir. Car enfin, puisqu'il faut t'en faire confidence, On doit à la princesse expliquer mon silence ; Et peut-être, au moment que je t'en parle ici, Le secret de mon cœur, Arbate, est éclairci. Cette chasse, où, ponr fuir la foule qui l'adore, Tu sais qu elle est allée au lever de l'aurore. Est le temps que Moron, pour déclarer mon feu, À pris...
arbâte.
Moron, seigneur!
EURYALE
Ce choix t'étonne un peu :
Par son titre de fou tu crois le bien connoître- Mais sache qu il Test moms qu'il ne le veui paroître: Et que, malgré l'emploi qu'il exerce aujourd'hui. Il a plus de bon sens que tel qui rit de lui. La princesse se plaît à ses bouffonneries : Il s'en est fait aimer par cent plaisanteries, Et peut, dans cet accès, dire et persuader Ce que d'autres que lui n'oseroient hasarder; Je le vois propre enfin à ce que j'e i souhaite: Il a pour moi, dit-il, une amitié parfaite. Et veut, dans mes États ayant reçu le jour, Contre tous mes rivaux appuyer mon amour. Quelque argent mis en main pour soutenir ce zèle...