‹ Œuvres complètes. Nouv. éd., accompagnée de notes tirées de tous les commentateurs, avec des remarques nouvelles par Félix Lemaistre précédés de la vie de Molière par VoltaireChapitre 81 sur 489 · LA VIOLETTE · texte numérisé non relu

LA VIOLETTE

11 y a trois quarts d'heure que je le lui dis ; mais il ne veut pas le )ire, et s'est assis là dedans pour attendre.

SGANARELLE

Qu'il attende tant qu'il voudra.

DON JUAN

Non, au contraire, faites-le entrer. C'est une fort mauvaise politique

• Imitation de VAndrienne, de Térence, acte I", scène jt,

que de se faire celer aux créanciers. II est bon de les payer de quelque chose; et j'ai le secret de les renvoyer satisfaits sans leur donner un double.

SCÈNE ffl. - DON JUAN, MONSIEUR DIMANCHE, SGANARELLE, LA VIOLETTE, RAGOTLN.

DON JUAN

Ah! monsieur Dimanche, approchez. Que je suis ravi de vous voir, et que je veux de mal à mes gens de ne vous pas faire entrer d'abord! J'avois donné ordre qu'on ne me fit parler à personne ; mais cet ordre n'est pas pour vous, et vous êtes en droit de ne trouver jamais de porte fermée chez moi.

MONSIEUR DIMANCHE

Monsieur, je vous suis fort obligé.

DON JUAN, parlant à la Violette et à Ragotin.

Parbleu! coquins, je vous apprendrai à laisser monsieur Dimanche dans une antichambre, et je vous ferai connoître les gens.

MONSIEUR DIMANCHE

Monsieur, cela n'est rien.

DON JUAN, à monsieur Dimanche.

Comment! vous dire que je n'y suis pas, à monàeur Dimanche, au meilleur de mes amis!

MONSIEUR DIMANCHE

Monsieur, je suis votre serviteur. J'étois venu...

DON JUAN

Allons, vite, un siège pour monsieur Dimanche.

MONSIEUR DIMANCHE

Monsieur, je suis bien comme cela.

DON JUAN

Point, point, je veux que vous soyez assis contre moi.

MO.N SIEUR DIMANCHE

Cela n'est point nécessaire.

DON JUAN

Otez ce pliant, et apportez un fauteuil.

MONSIEUR DIMANCHE

Monsieur, vous vous moquez; et...

DON JUAN

Non, non, je sais ce que je vous dois; et je ne V€ux point qu'on mette de différence entre nous deux.

MONSIEUR DIMANCHE

Monsieur...

DON JUAn.

Allons, asseyez-vous.

Page 1