DE FLORIMOND DE CHAMPEVERNE
JLe roy, la Mort aymerent Florimond De Champeverne, en son florissant aage : Le roy par temps le poussa vers le mont D'honneur et biens en suffisant estage : Mais Mort voulant le traicter davantage : En un moment le poulsa jusqu'aux cieulx , Et feit tresbien : car des bons l'héritage N'est point assis en ce val vicieux.
* Allusion à ces paroles de l'Evangile, que nous ne nous chargerons pas d'expliquer :
Beati pauperes spiritu quoniam ipsorum est regnum cœlorum.
St. Mathietj. Chap. V. Veis. 3.
i68 CIMETIÈRE.
DE JEHAÎS DE MOSTDOCCET.
Apres avoir sersry autour de la personne Du roy Loys douze , avant que sa couronne Ornast son noble chef, et après Tavoir prise, Je Jehan de Montdoucet esprouvay la surprise De rincertaine mort : car un esclat de lance , En un plaisant toumov dedans mon cœur se lance , Si vigoureusement , et par fortune telle , Qu'au milieu de plaisir senty douleur mortelle , Qui au lict me jecta saisy de fiebvre grosse. De mon lict au cercneil , du cercueil en la fosse : Non pas sans grand regret du maistre et des amys. Les amys m'ont pleure : et le bon maistre a mis Mes eufans aux estatz de mov lors retenuz, Entre autres que j 'a vois de sa grâce obtenuz , Et donna pension à la mienne espousee , C'est Jane Cotereau qui est icy posée.
Si tant d'honneur et bien me vint de mon mérite, n vint d'amour de rov envers mov non petite. Mais la source du tout fut la bonté de Dieu. Priez pour moy, passans, priez qu'en cestuy lieu Je puisse en Jesuchrist tellement sommeiller , Qu'avec les siens me face au grand jour resveiller.
DE GUILLAU3HE CHA^TEREAU , HOMME DE GUEKKZ.
Cy g;îst Guillaume, en terre, Chantereau samommé, Eolre les gens de g:aeiTe Jadis tresrenommé.
Bien vivant estime , Sans noise , sans offense :
S'on Tavoit anime , Rude estoit en deffense.
A plaisir et oultrancc Si adextre on le veit , Que le daulphin de France Finablement servit
Mais la mort le ravit En sa jeunesse meure :
A maint homme qui vit , Grand regret en demeure.
Puis qu'il fàult que tout meure.
S'en fault il estonner.^ Etemelle demeure Dieu luj vueille doimer.