‹ Œuvres complètes. Nouv. éd. augmentée d'un essai sur la vie et les ouvrages de Cl. Marot, de notes historiques et critiques, et d'un glossaireChapitre 165 sur 329 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

Parle humblement , que mon zèle apperçoive , Et en lisant quelque plaisir conçoive.

Mais dequoy sert tant d'admonnestement ? Fais seulement que si bien te reçoive , Que recevoir je puisse promptement.

1 OY noble esprit qui veulx chercher les Muses,

En Parnassus ( croy moy ) ne monteras :

De les trouver sur le mont tu t'amuses ,

Dont si m'en crois au val t'arresteras :

Là d'Helicon la fontaine verras,

Et les neuf sœurs Muses bien entendues ,

Qui puis un peu (ainsi le trouveras)

Du mont Parnasse , au val sont descendues. ^

' Jean du Val , trésorier de l'e'pargne , gendre de Guillaume Preud'homme, se mêlait un peu de poe'sie , et recherchait soigneusement l'amitié de tous les hommes de me'rite. A la mort de François l" , Diane de Poitiers, qui gouvernait à la place du faible Henri II , ôta le maniement des finances à ce sage ministre , dont la probité n'aurait jamais consenti à servir ses déprédations.

2 Voici la réponse, de du Val ; il continue «-i jouer sur son nom :

Toy noble esprit , qui vouldras t'arrester

En aucun val , pour les neuf Muses veoir ,

Et tous tes sens de nature apprester ,

Pour aucun fruict de leur science avoir :

Ne pense pas un tel bien recevoir

D'un val en friche , ou ces sœurs ont trouvé

Nouveau vassal : mais s'il est abreuvé

De la liqueur qui par Marot distile

De Parnassus , lors sera espreuvé ,

Combien tel mont peult un val faire utile. '

36o ÉPIGRAMMES.

XLYI.

A MONSIEUR DE JUILLV.

Ij'ARGENT par terre recueilly - Peu de prouffict souvent amelne :

Parquoy, monseigneur de Juilly , Qui sçavez le vent , qui me meine , Plaise vous ne prendre la peine De diviser si peu de bien :

Car ma boette n'est pas si pleine , Que cinq cens francz n'y entrent bien.

Page 1