‹ Œuvres complètes. Nouv. éd. augmentée d'un essai sur la vie et les ouvrages de Cl. Marot, de notes historiques et critiques, et d'un glossaireChapitre 17 sur 329 · II · texte numérisé non relu

II

Et aussi tost, que ta présence vient, Pasleur s'enfuyt , couleur vive revient : Mesmes la mort fuyr du lieu convient , Ou tu arrives.

Les vieilles gens tu rends fortes, et vives Les jeunes gens tu fais récréatives, A chasse, à vol, à tournoys ententives, Et esbatz maintz.

O doulx repos, nourrice des humains, Bien doibt chascun t'invoquer joinctes mains Veu que sans toy les ennuys inhumains Nous précipitent :

Veu que sans toy en la terre n'habitent Les dieux rians , qui à plaisir invitent : Ains tous faschez s'en vont, et se despitent, Si tu n'y viens.

Yien donc icy, o source de tous biens , Vien veoir Françoys le bien aymë des siens, Vien, fusses tu aux champs Elisiens, Ou sus les nues.

Tu recevras cent mille bien venues Des princes haultz, et des tourbes menues, Qui sont du bras de Françoys soustenues Ptoy couronne.

Las au besolng tu l'as abandonné, Et s'est mon cueur maintes foys estonné, Comment d'un corps de grâce tant orné Tu t'es bougée.

Ou peulx tu estre ailleurs si bien logée ? Revien secours de nature affligée :

Si te sera toute France obligée Moult grandement.

Puis d'un tel roy (après l'amendement) Tu recevras les grâces méritoires, Et auras part à l'honneur mesmement De ses futurs triumphes , et victoires.

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