‹ Œuvres complètes. Nouv. éd. augmentée d'un essai sur la vie et les ouvrages de Cl. Marot, de notes historiques et critiques, et d'un glossaireChapitre 172 sur 329 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

Je le sçay bien , mais point ne le veulx croire, Car je perdrois Taise que j'ay receu.

JCjN m'oyant chanter quelques foys Tu te plains qu'estre je ne daigne Musicien , et que ma voix Mérite bien que Ton m'enseigne , Yoyre , que la peine je preigne D'apprendre : ut, re, my, fa, sol, la. Que diable veulx tu que j'appreigne, Je ne boy que trop sans cela.

AU POETE BORBONIUS.

1j' EN F A NT Amour n'est pas si petit Dieu, Qu'un paradis il n'ait soubz sa puissance ,

' Sceve (Maurice), de l'ancienne famille des Sceves , de Lyon, re'unit le nom de savant à celui de poète. Dans un âge avance, à l'exemple de Pe'trarque , il se fit une maîtresse, et renferma tout son amour dans quatre cent quarante-neuf dizains (son livre est intitule , Délie) ; « mais avecques un sens si obscur , remarque Pas- » quier, que le lisant, je disais estre trescontent de ne l'entendre » pas, puisqu'il ne vouloit pas estre entendu, w Selon Lacroix du Maine, Maurice Sceve vivait encore , en iSSq, â Lyon, dont il ^tait e'chevin.

366 ÉPIGllAMMES.

Un purgatoire aussi pour son milieu , Et un enfer plein d'horrible nuysance : Son paradis c'est quand la jouyssance Aux poursuyvans par grâce il abandonne : Son purgatoire , est alors qu'il ordonne Paistre nos cueurs d'un espoir incertain : Et son enfer, c'est à l'heure qu'il donne Le voler bas, et le vouloir haultain.

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