A UN JEUNE ESCOLTER DOCTE , * GRIEFVEMENT MALADE
(^ H A R L E S , mon filz , prenez courage , Le beau temps vient après l'orage, Apres maladie santé :
Dieu a trop bien en vous planté, Pour perdre ainsi son labourage.
Jectant souspivs de dm* gémissement :
Moy de grand dueil plorant amèrement , Duquel estoit ma triste ame saisie :
Las ! dy je , mort est nostre amy Clément , Morte donc est françoyse poésie.
* Cest Charles Fontaine, disciple che'ri cle Marot. Ce jeune poète, formé par les conseils, et plus par l'exemple de son habile maître, acquit, sous le règne de Henri II , une réputation qui pourtant n'a pas été' au-delà de son siècle. Il n'est plus connu aujourd'hui que par sa belle épître contre Sagon et La Hueterie, pièce digne de Marot, à qui elle fut long-temps attribuée. On a oublié jusqu'au nom de ses autres ouvrages en j)rose et en vers, les Ruisseaux de la fontaine , le Promptuaire des médailles , le Quintil Horacien, etc.
LUI
RESPONSE AUX VERS d'ABKL.
Jr OETISER trop mieulx que moy sçavez.
Et po»r certain , meilleure grâce avez A ce que voy, que n'ont plusieurs et maintz , Qui pour cest art mettent la plume es mains.
A SELVA 2 ET A HEROET. ^^
Demandez vous qui me faict glorieux?
Heleine ^ a dict , et j'en ay bien mémoire , Que de nous trois elle m'aymoit le mieulx : Voy la pourquoy j'ay tant d'aise et de gloire. Vous me direz qu'il est assez notoire , Ou',elle se mocque, et que je suis deceu :
' Voici ces vers :
ABEL A M4lR0T.
Poétiser contre vous je ne veulx ,
Mais comme l'un des enfans ou nepveux
De poésie , ayant désir d'entendre ,
Vers vous je veuls mon entendement tendre. .
^ Nous doutons que ce soit Georges de Selve, évêque de la Vaur, ambassadeur de François 1er auprès de Charles-Quint.
^ Hëroet fAnloine) , dit de la Maison Neuve , né à Paris, evéque de Digne , publia dans sa jeunesse plusieurs ouvrages qui lui méritèrent le nom de poète philosophique. Il mourut en i568.
* L. Dufresnoy croit que c'est Hélène de Tournon.