‹ Œuvres complètes. Nouv. éd. augmentée d'un essai sur la vie et les ouvrages de Cl. Marot, de notes historiques et critiques, et d'un glossaireChapitre 171 sur 329 · A UN JEUNE ESCOLTER DOCTE , * GRIEFVEMENT MALADE · texte numérisé non relu

A UN JEUNE ESCOLTER DOCTE , * GRIEFVEMENT MALADE

(^ H A R L E S , mon filz , prenez courage , Le beau temps vient après l'orage, Apres maladie santé :

Dieu a trop bien en vous planté, Pour perdre ainsi son labourage.

Jectant souspivs de dm* gémissement :

Moy de grand dueil plorant amèrement , Duquel estoit ma triste ame saisie :

Las ! dy je , mort est nostre amy Clément , Morte donc est françoyse poésie.

* Cest Charles Fontaine, disciple che'ri cle Marot. Ce jeune poète, formé par les conseils, et plus par l'exemple de son habile maître, acquit, sous le règne de Henri II , une réputation qui pourtant n'a pas été' au-delà de son siècle. Il n'est plus connu aujourd'hui que par sa belle épître contre Sagon et La Hueterie, pièce digne de Marot, à qui elle fut long-temps attribuée. On a oublié jusqu'au nom de ses autres ouvrages en j)rose et en vers, les Ruisseaux de la fontaine , le Promptuaire des médailles , le Quintil Horacien, etc.

LUI

RESPONSE AUX VERS d'ABKL.

Jr OETISER trop mieulx que moy sçavez.

Et po»r certain , meilleure grâce avez A ce que voy, que n'ont plusieurs et maintz , Qui pour cest art mettent la plume es mains.

A SELVA 2 ET A HEROET. ^^

Demandez vous qui me faict glorieux?

Heleine ^ a dict , et j'en ay bien mémoire , Que de nous trois elle m'aymoit le mieulx : Voy la pourquoy j'ay tant d'aise et de gloire. Vous me direz qu'il est assez notoire , Ou',elle se mocque, et que je suis deceu :

' Voici ces vers :

ABEL A M4lR0T.

Poétiser contre vous je ne veulx ,

Mais comme l'un des enfans ou nepveux

De poésie , ayant désir d'entendre ,

Vers vous je veuls mon entendement tendre. .

^ Nous doutons que ce soit Georges de Selve, évêque de la Vaur, ambassadeur de François 1er auprès de Charles-Quint.

^ Hëroet fAnloine) , dit de la Maison Neuve , né à Paris, evéque de Digne , publia dans sa jeunesse plusieurs ouvrages qui lui méritèrent le nom de poète philosophique. Il mourut en i568.

* L. Dufresnoy croit que c'est Hélène de Tournon.

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