‹ Œuvres complètes. Nouv. éd. augmentée d'un essai sur la vie et les ouvrages de Cl. Marot, de notes historiques et critiques, et d'un glossaireChapitre 220 sur 329 · LE PREMIER HERMITE · texte numérisé non relu

LE PREMIER HERMITE

OÇAVEZ VOUS la raison pourquoy Hors du monde je me retire En un hermitage à recoy ?

Sans faulte je vous le veulx dire.

Celle que tant j'ayme et désire , En lieu de me reconforter , Tousjours ce cul arrière tire, * Le diable la puisse emporter.

l'autre HERMITE.

Je m'en voys tout vestu de gris

En un boys, là je me confine:

Au monde aussi bien j'amaigris ,

M'amye est trop dure et trop fine :

Là vivray d'eau et de racine,

Mais, par mon ame, il ne m'en cliault:

* L'amour n'est pas toujours aveugle. Marot ne pouvait plus douter de l'infidélité' de Diane qui me'ditait une rupture, et chaque jour s'éloignait de lui,

4r2 ÉPIGRAMMES.

Cela me sera médecine Contre mon mal qui est trop chauld.

d'ysabeau, a estienne clavier.

Y SABEAU, ceste fine mouche,

Clavier, tu entens bien Clément,

Je sçay que tu sçais qu'elle est louche ,

Mais je te veulx dire comment :

Elle Fest si horriblement,

Et de ses yeulx si mal s'acoutre ,

Qu'il vauldroit mieulx par mon serment

Qu'elle fust aveugle tout oultre.

Si quod sit vitium non fastidiie.

dit Horace. Les défauts de l'objet aimé échappent à nos yeux ; la vérité même nous paraît une injure; mais l'amour vient-il à se refroidir ? nous devenons plus exigeans , et nous finissons par trouver des défauts où nous ne. voyions que des beautés. Marot ne s'était pas aperçu que sa maîtresse était louche , lorsque celle-ci lui adressait de tendres regards ; mais peut-être ({u'alors , comme l'observe L. Dufresnoy , elle regardait le poète de travers.

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