‹ Œuvres complètes. Nouv. éd. augmentée d'un essai sur la vie et les ouvrages de Cl. Marot, de notes historiques et critiques, et d'un glossaireChapitre 221 sur 329 · A YSABEAU · texte numérisé non relu

A YSABEAU

l^UAND j'escrirois que je t'ay bien aymee. Et que tu m'as sur tous autres aymé, Tu n'en serois femme desestimee, ' Tant peu me sens homme desestimë:

Pétrarque a bien sa maistresse nommée, Sans amoindrir sa bonne renommée :

Donc si je suis son disciple estimé , Craindre ne fault que tu en sois blasmee, D'Anne j'escry plus noble et mieulx fàmee, Sans que son los en soit point déprime.

d'une mal MARIEE.

J? ILLE qui prend fsTscheux mary, Ce disoit Alix à Colette , Aura tousjours le cueur marry , Et mieulx vauldroit dormir seulette :

' Cette e'pigramme nous porte à croire que Diane avait cherche à justifier son infidélité' en reprochant au poète l'e'clat que ses vers indiscrets avaient donné à leurs amours.

4l4 ÉPIGRAMMES.

Il est vray, dit sa sœur doulcette, Mais contre un fascheux endormy , La vraye et certaine recepte Ce seroit de faire un amy.

d'une dame de NORMANDIE. »

Un jour la dame , en qui si fort je pense, Me dit un mot de moy tant estimé , Que je ne puz en faire recompense, Fors de l'avoir en mon cueur imprimé.

Me dit avec un ris accoustumé :

Je croy qu'il fault qu'à t'aymer je parvienne : Je luy respons : garde n'ay qu'il m'advienne Un si grand bien , et si ose affirmer , Que je debvrois craindre que cela vienne, Car j'ayme trop, quand on me veult aimer. "*

' Marguerite est ici appelée dame de Normandie, parce que le duchë tl'Alençon e'tait dans cette province.

^ La reine de "Navarre mit dans sa réponse une délicatesse dont les écrits de son amant lui fournissaient le modèle.

Le peu d'amour qui donne lieu à craincte, Perdre vous faict le tant désiré bien : Car par cela , amy , je suis cnntraincte De révoquer le premier propos mien.

Ne vou> plaignez donc, se vous n'avez rien, Ou si pour bien mal on vous faict avoir : Car qui pour bien pense ma^ recevoir, Indigne il est d'avoir un se^l bon tour, Voyre déplus sa maistres^e ne veoir, Puis que la paonr triomphe de l'amour.

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