LIVRE IIL
Voyez , amans , nostre amour différente : Languir la fais , quand suis loing de ses yeulx , Mourir me faict, quand je la voy présente : Jugez lequel vous semble ajmer le mieulx. '
d'Anne jouant de l'espinettë.
JLoRS que je voy en ordre la brunette Jeune, en bon poinct, de la ligne des dieux Et que sa voix , ses doigts , et l'espinette Meinent un bruict doulx, et mélodieux, J'ay du plaisir , et d'oreilles , et d'yeulx , Plus que les sainctz en leur gloire immortelle , Et autant qu'eulx je deviens glorieux-, Des que je pense estre un peu aymé d'elle.
DE MARGUERITE d'ALENÇON , SA SŒUR d'ALLIANCE.
\J N chascun qui me faict requeste D'avoir œuvres de ma façon , Voy se tout chercher en la teste
' Marmontel cite cette épigramme etla xlv* du même livre comme des modèles de la grâce ia plus nàive et du naturel le plus fin.
424 ÈPIGRAMMES.
De Marguerite d'Alençon.
Je ne fais dizain ne chanson , Chant royal, ballade, n'espitre.
Qu'en sa teste elle n'enregistre Fidèlement, correct, et seur:
Ce sera mon petit registre, Elle n'aura plus nom ma sœur.