‹ Œuvres complètes. Nouv. éd. augmentée d'un essai sur la vie et les ouvrages de Cl. Marot, de notes historiques et critiques, et d'un glossaireChapitre 258 sur 329 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

DE l'an.

JL E cours du ciel qui domine icy bas Semble vouloir, par estime commune, Cest an présent demonstrer maintz desbatz Faisant changer la couleur de la lune, Et du soleil la vertu claire et brune. Il semble aussi par monstres orgueilleux Signifier cest an fort périlleux , Mais il debvoit, faisant tous] ours de mesme, Et rendant Tan encor plus merveilleux , Nous envoyer éclipse de caresme.

XIÏ.

REPLIQUE AUX VERS d'UN GREFFIER DE LA MAISON DU DUC d'OR- LEANS , QUI CUYDOIT QUE MAROT EUST FAIGT LE HUICTAiN DES FRERES MINEURS. *

Prince , ce griffon qui me gronde, Semble Jouan qui se mord oit :

Que voulez vous que luy responde ?

* On savait que Marot n'aimait pas les moines ; aussi on ne manqua pas de lui attribuer l'épigramme des Frères mineurs , composée par Victor Brodeau ( vçyez tome 1er, l'e'pître de Fripelipe où cette épigramme est citée). Un greffier de la maison du duc d'Orle'ans

C'est la plus grand' pitié du monde, Excuser plus tost on le doibt :

Car quand ainsi son feu jectoit, Et qu'il disoit : Argent en pouppe, Le povre homme se mescomptoit , Et vouloit dire qu'il estoit Tous) ours yvre comme une souppe.

d'un gros prieur.

Un gros prieur son petit fdz baisoit , Et mignardoit au matin en sa couche , Tandis rostir sa perdrix on faisoit :

8e levé , crache , esmeutit et se mouche : La perdrix vire : au sel de broc en bouche La dévora , bien sçavoit la science :

Puis, quand il eust prins sur sa conscience Broc de vin blanc, du meilleur qu'on eslise : Mon Dieu , dit il , donne moy patience , Qu'on a de maulx pour servir saincte église.

s'érigea en défenseur de la moinerie , et alla chercher querelle à Marot. Voici le huitain qui a donné lieu à cette réplique :

Tu dis , Marot, par les raisons Qui ne valent ie publier , Que quant allons par les maisons Disnons sans bourse deslicr :

D'un cas je te veulx supplier , Puis que lu n'as argent en pouppe .

(^omnae moy rends toy cordelier , Tu disneras comme je soupjie.

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