‹ Œuvres complètes. Nouv. éd. augmentée d'un essai sur la vie et les ouvrages de Cl. Marot, de notes historiques et critiques, et d'un glossaireChapitre 266 sur 329 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

d'un ttvrogne.

JLe vin qui trop cher m'est vendu M'a la force des yeulx ravie , Pour autant il m'est deffendu , Dont tous les jours m'en crois t envie : Mais puisque luy seul est ma vie, Maulgré les fortunes senestres, Les yeulx ne seront point les maistres Sur tout le corps, car par raison, J'ayme mieulx perdre les fenestres Que perdre toute la maison. *

^ La saillie de cet ivrogne a ëte' souvent re'pe'te'e depuis Marot^ nous nous contentons de citer cette épigramme peu connue :

Quand l'ivrogne Martin fut vieux, Le médecin qui le conseille Lui dit un remède à roreille , Pour guérir le mal de ses yeux :

» Mon pauvre compère Martin , >. Ta maladie m'est connue ; j» Tu n'auras tantôt plus de vue , » Si tu bois encore du vin. .

Lors Martin , fermant ses paupières , ^ Adieu , dit-il , adieu lumières ;

Le bon Martin n'a que trop vu , £t n'a pas encore assez bu.

Aveugle , je ferai connaître Cette véritable leçon , Qu'il n'importe de la fenêtre , Pourvu qu'oa sauve la maison.

464 ËPIGRAMMES.

A CORIDON.

J^A mesdisante ne fault croire,

Coridon , amy gracieux :

Je la congnois, c'est une noire,

Noire faicte en despit des cieulx :

Si elle eust ( pour la paindre mieulx )

Au bec une prune sauvage,

On diroit qu'elle auroit trois ^eulx,

Ou bien troijB prunes au visage.

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