A UNE DAME QUI FAISAIT FORCE PROMESSES A SES AMANTS
JJame, vous avez beau maintien, Et grand'grace en vostre langage :
Mais tout cela est peu ou rien , Si vous ne faictes davantage.
J'accorde bien que c'est un gage De pouvoir jouyr quelque jour.
Si ce n'est pas le parfaict tour, Qu'il fault pour achever l'affaire :
Pour avoir le deduyct d'amour , Vault mieulx peu dire et beaucoup faire.
A UNE DAME, SUR LE RETOUR I>*UN QU'ELLE AYMOn
rfoNJOUR la Dame au bel amy, Vous estes maintenant contente , Et si n'ay plaisir, ne demy :
Car après vostre longue attente Venu est celluy qui de rente M'a laissé fascherie et soing :
Dieu doint que nul ne s'en repente .
L'amy se congnoist au besoing.
SUR l'ennuy de l'absence.
J E ne fais rien que plaindre et souspirer , Désirant plus ce que moins puis avoir, Et sens mon mal chascun jour empirer, En voyant moins ce que plus je veulx veoir. Veoir semble peu h qui s'en peult pourvoir : Mais j'ay congneu par vraye expérience , Que quand on faict en amour son debvoir, Il n'est ennuy que Pennuy d'une absence.