A GEOFFROY BRULARD
lu pains ta barbe, amy Brulard, c'est signe Que tu vouldrois pour jeune estre tenu : Mais on t'a veu nagueres estre un cigne, Puis tout à coup un corbeau devenu.
Encor le pis qui te soit advenu, C'est que la Mort, plus que toy fine et sage, Congnoist assez que tu es tout chenu , Et t'ostera ce masque du visage.
IN SERTORIUM.
Lib. III. Epig- Lxix.
Rem peragit nuUam Sertorius , inchoat omnes , etc. d'un lymositî.
C'est grand cas que nostre voisin, Tousjours quelque besongne entame :
Dont ne peult , ce gros Lymosin , Sortir qu'à sa honte et diffame.
' Voyez le rondeau xii du livre I.
Au reste, je croy sur mon ame, Tant il est lourd et endormy, Que quand il besongne sa femme , 11 ne luy faict rien qu'à demy.
IN CALLISTRATUM.
Lib. V. Epig. XIII.
Sum ( fateor ) semperque fui , Callistrate , pauper , etc. DE SOY MESME ET d'uN RICHE IGNORANT.
liICHE ne suis, certes je le confesse :
Bien né pourtant , et nourry noblement :
Mais je suis leu du peuple et gentillesse
Par tout le monde : et dict on, c'est Clément.
Maintz vivront peu , moy éternellement :
Et toy tu as prez , fontaines et puytz ,
Boys, champs , chasteaulx , rentes, et gros appuys :
C'est de nous deux la différence et l'estre.
Mais tu ne peulx estre ce que je suis :
Ce que tu es , un chascun le peult estre. ^
I Sans doute il ne faut pas grand talent pour être riche- pourtant tout le monde n'est pas capable de le devenir. L'opulence ne se trouve guères re'unie à l'esprit : tous les biens sont rarement le partage d'un seul. Ainsi, ce riche, que Marot traite avec tant de hauteur, pouvait repondre avec Mellin de Saint-Gelais :
Dy moy , amy, que vault il mieulx avoir Beaucoup de biens , ou beaucoup de sr.avoir ?